06.11.2020 à 07:51

Coronavirus en région genevoiseUn toubib français pointe du doigt l’activité frontalière

Un représentant des médecins juge que la grave situation sanitaire dans l’Ain et la Haute-Savoie s’explique aussi par les travailleurs revenant le soir de Suisse.

par
Richard Schittly, Lyon
La douane de Bardonnex, reliant le canton de Genève au département de la Haute-Savoie.

La douane de Bardonnex, reliant le canton de Genève au département de la Haute-Savoie.

TDG – L. Guiraud

La Suisse a-t-elle aggravé la situation sanitaire de la France voisine? L’hypothèse est avancée par des observateurs de la région Auvergne-Rhône-Alpes. «La circulation entre les cantons suisses et les régions frontalières a très probablement une incidence directe sur l’accentuation de l’épidémie en France», estime le docteur Pierre-Jean Ternamian, président de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS). Connu pour son franc-parler, le radiologue lyonnais avait tiré la sonnette d’alarme sur le manque de rigueur des Français, bien avant la décision du retour au confinement. Pour lui, «les Suisses ont pris du retard», et les trajets des frontaliers font aussi partie des facteurs qui ont accéléré la circulation du Covid dans les départements de l’Ain et des Savoies. «Les données sont plus élevées dans ces départements par rapport à d’autres de la région. Alors qu’on connaît un ralentissement des contaminations dans la Loire et le Rhône, l’Ain ou la Haute-Savoie restent dans le rouge», affirme le docteur. Début novembre, les départements de Haute-Savoie et Savoie figurent aux 3e et 4e rangs des départements français les plus atteints. Avec des taux d’incidence de plus de 900 cas de Covid pour 100’000 habitants, plus du double de la moyenne française. À l’appui de sa thèse, le porte-parole des professionnels de santé ajoute que «la part des jeunes atteints du Covid est plus forte dans ces départements». Ce qui tendrait à confirmer que les populations actives sont plus touchées.

«Surtout ne pas fermer la frontière»

«Les taux de contamination sont équivalents des deux côtés de la frontière, il faut raisonner avec la vision d’une grande métropole. Genève et les départements français voisins ont les mêmes soucis, les mêmes contraintes», déclare Laurent Paoliello. Pour le porte-parole du Département genevois de la santé, il n’y a pas d’effet suisse sur la France, mais une population qui subit une épidémie sans frontière: «À Genève aussi nous constatons des foyers importants dans les catégories jeunes.» Il estime par ailleurs qu’«il ne faut surtout pas fermer les postes de douanes, cela ne sert à rien du point de vue sanitaire, et cela complique énormément l’activité qui doit être maintenue. La fermeture de la frontière a été un cauchemar lors de la première vague.»

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