Berne: Un tour devrait suffire pour désigner les 7 élus
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BerneUn tour devrait suffire pour désigner les 7 élus

Le nouveau système prôné par l'initiative permet plus facilement d'atteindre la majorité absolue.

L'élection du Conseil fédéral devrait se jouer en un seul tour. Le système prôné par l'initiative, calqué sur celui de Berne, permet plus facilement d'atteindre la majorité absolue. Il ne tient en effet pas compte du vote blanc. Dans treize cantons (les six romands et sept autres), le fait de ne pas remplir entièrement un bulletin ne joue aucun rôle. Pour être élu au premier tour, il faut figurer sur la moitié des bulletins valables, plus un.

L'initiative s'inspire d'un autre modèle: la majorité absolue «tempérée», qui prévaut dans dix cantons. Elle ne tient compte que des suffrages attribués à des candidats et pas des cases laissées vides. La méthode de calcul est donc différente: on divise les suffrages valables par le nombre de sièges à attribuer puis par deux. Pour être élu, il faut obtenir ce quotient plus une voix.

Un tiers des voix

Si, par exemple, un million d'électeurs ont participé et déposé un bulletin valable pour l'élection du Conseil fédéral, il faut obtenir 500'001 voix pour être élu au premier tour selon le premier modèle. Avec le système prôné par l'initiative, le seuil n'est si haut que si tous les électeurs remplissent des bulletins avec sept noms (sept millions divisé par sept puis par deux plus un).

Par contre, lorsque des cases sont laissées blanches, la majorité absolue s'abaisse. Si, par exemple, les bulletins ne comptent en moyenne que 4,9 noms, le seuil est fixé à 350'001 voix (4,9 millions divisé par sept puis par deux plus un).

Selon une étude de l'Université de Berne portant sur des scrutins récents, la majorité absolue «tempérée» correspond dans les faits à un pourcentage moyen de 35,5% des bulletins valables avec des pointes de 28,8% à Schwyz et de 46,9% en Appenzell Rhodes-Extérieures.

Un seul tour

Un seul tour devrait donc suffire pour désigner les sept conseillers fédéraux avec le modèle retenu par l'initiative. De 2003 à 2011, toutes les élections de gouvernements cantonaux selon cette méthode se sont jouées en un seul acte, à une exception près. Tout dépendra du nombre de cases laissées vides par les électeurs.

Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte: l'existence ou non de bulletins préimprimés, les instructions de vote des partis, les alliances entre formations politiques. Le système prévu par l'initiative ne privilégie en revanche pas les partis les plus forts, d'après les auteurs de l'étude.

Dans trois cantons, ce problème ne se pose pas. Le Tessin et Zoug utilisent la proportionnelle pour élire leur gouvernement. En Appenzell Rhodes-Intérieures, celui-ci est désigné par la Landsgemeinde. (ats)

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