Actualisé 24.07.2019 à 11:32

Cyclisme

Un Tour féminin dans les tuyaux

ASO, organisateurs de la Grande Boucle, envisage (enfin?) de lancer son équivalent féminin, ont-ils communiqué la semaine dernière.

de
Sport-Center/rca
Marianne Vos a gagné «La Course by Le Tour» cette année.

Marianne Vos a gagné «La Course by Le Tour» cette année.

Keystone

C'est l'agence Reuters qui a enquêté sur le sujet et recueilli les confidences d'un cadre d'Amaury Sport Organisation, propriétaire, comme le journal l'Equipe, du Tour de France. Après les Classiques Liège-Bastogne-Liège et la Flèche Wallonne, les femmes devraient avoir leur Grande Boucle. Un groupe d'étude a été lancé sur le sujet.

Depuis cinq ans, les organisateurs du Tour profitent de son infrastructure pour faire courir «La Course by Le Tour», une épreuve d'un (depuis 2017, cette année le matin du contre-la-montre de Pau) ou deux jours (une étape de montagne et un chrono) courue en marge d'une étape de ces messieurs. Cette année, c'est la Néerlandaise Marianne Vos qui l'a emporté grâce à un rush final impressionnant. Le Genevoise Elise Chabbey avait terminé 33e et meilleure grimpeuse de l'épreuve.

En Italie, le «Giro Rosa» - couru au début du mois de juillet sur 10 étapes - n'a pas le même organisateur que le Giro tout court. ASO, elle, ne compte pas se laisser couper l'herbe sous la roue, car le tendance est enfin favorable à la promotion, l'organisation et la diffusion du sport féminin et ce n'est pas trop tôt.

«Beaucoup de choses ont changé dans le cyclisme féminin, a analysé Marianne Vos, vainqueur de La Course la semaine dernière. On ne s'attendait pas à ce qu'il y ait un Tour féminin en 2014... Qu'ASO organise La Course by le Tour de France a été un pas important. Les équipes sont de plus en plus professionnelles, les organisations s'améliorent. Le cyclisme féminin a évolué.»

«Je pense qu'ASO devrait se lancer, a ajouté Gerry Ryan, propriétaire et sponsor de l'équipe Mitchelton-Scott, qui a des équipes dans les deux pelotons. Le cyclisme féminin est divertissant, aussi bien à l'écran que pour les foules qu'il déplace. Je ne sais pas vers quoi le Tour se dirige pour les filles, mais juste une épreuve de deux jours, c'est mieux qu'un seul... Même quatre permettraient aux femmes de montrer leurs qualités sur le vélo. Chez nous, il n'y a pas de frontière. Annemiek van Vleuten a fait le camp de pré-saison avec les gars.»

«On a lancé une cellule pour développer le cyclisme féminin, a indiqué à Reuters une source qui souhaitait rester dans l'anonymat. Mais on ne peut pas logistiquement le courir en même temps que les hommes (ndlr: comme dans les années 80 et qui avait été abandonné par manque d'intérêt médiatique). Le Tour a tellement grandi que ce n'est tout simplement pas faisable.»

Un rebond attendu, après les critiques enregistrées par Amaury Sport Organistion, qui avait subi les foudres de beaucoup pour ne plus avoir prévu de couverture télévisuel de Liège-Bastogne-Liège et de la Flèche Wallonne au féminin cette année. ASO a heureusement trouvé un partenariat avec la RTBF pour assurer une heure de diffusion des deux événements en 2020. La barre «fatidique» pour obtenir le label World Tour de la part de l'Union cycliste internationale est de 45 minutes. C'est toujours ça de gagné...

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