Genève: Un trio d’amateurs volait de l’or dans des ateliers
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GenèveUn trio d’amateurs volait de l’or dans des ateliers

Trois hommes ont sorti plusieurs kilos de métal d’une société de sous-traitance horlogère. Ils sont jugés depuis lundi.

par
Jérôme Faas
Le principal accusé avait aussi volé des pièces d’or. Quant aux copeaux, il avait acheté un four pour les fondre.

Le principal accusé avait aussi volé des pièces d’or. Quant aux copeaux, il avait acheté un four pour les fondre.

Getty Images/iStockphoto

Le préjudice estimé, près de 450’000 fr., laissait penser que le Tribunal correctionnel jugerait des voleurs d’or chevronnés aux méthodes élaborées. C’est en réalité un trio de traficoteurs qui a été présenté aux juges lundi. Les prévenus ont agi au détriment d’une société de sous-traitance horlogère - l’un d’eux en ayant aussi dépouillé une seconde (lire l’encadré).

Les faits se sont déroulés entre 2016 et 2020, à une fréquence indéterminée. L’un des accusés, employé depuis 30 ans par la société mais dégradé en 2014, volait des rognures d’or impur dans les aspirateurs: 100 grammes ici, 200 grammes là. Il les remettait à son complice, un ex-collaborateur, qui les écoulait. Sur la fin, un chef d’atelier les a aidés à accéder aux chutes de métal. L’affaire a pris fin sur un parking, où les deux premiers ont été pincés s’échangeant un sac contenant 3 kilos de copeaux d’or brut.

Les débats ont esquissé des hommes englués dans les dettes, trafiquant maladroitement (de l’or et divers objets) pour se refaire, prêtant et empruntant de l’argent comme on respire pour empiler les projets foireux. Le prévenu principal, qui recelait l’or, était asphyxié par son addiction au casino. Le Parquet le soupçonne d’avoir menacé ses acolytes pour les forcer à voler. Il s’en défend. «J’ai accumulé des dettes de jeu. C’est la pire épreuve de ma vie, qui m’a détruit, moi et ma famille. Je remercie la police d’être intervenue, d’avoir interrompu la spirale.» Le procès se poursuit mardi.

Un sac vide pour seul stratagème

Le prévenu principal, le receleur, a aussi volé, en octobre 2019, 153 pièces en or (3,9 kilos) dans une autre société de sous-traitance horlogère, qui venait de le virer. Il les a juste enfournées dans son sac. Elles valaient 175’000 fr., il en a tiré 60’000 euros au Maroc. C’est ce larcin qui a mis la police sur la piste du trio, via des écoutes. L’entreprise spoliée par cette équipe juge, elle, s’être fait soutirer 18 kilos d’or brut en trois ans, soit 283’000 fr. La défense devrait contester l’évaluation.

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