Heurts en Côte d'Ivoire: Un troisième charnier découvert
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Heurts en Côte d'IvoireUn troisième charnier découvert

Un troisième charnier aurait été découvert en Côté d'Ivoire. L'ONU n'a cependant pas pu vérifier son existence car elle s'est vu refuser l'accès au site. Elle est par ailleurs cible de violences.

Malgré une nuit calme dans des quartiers d'Abidjan placés sous couvre-feu, la situation est restée tendue jeudi en Côte d'Ivoire. Trois véhicules de l'ONU ont été incendiés, tandis que la Haut commissaire aux droits de l'homme a annoncé la découverte d'un nouveau charnier.

«Il y a trois véhicules qui ont été incendiés ce matin» dans le quartier de Cocody-Riviera II (est), a déclaré un porte-parole de la force onusienne en Côte d'Ivoire (Onuci) Kenneth Blackman. Il n'a pas fait état d'éventuelles victimes, et a assuré n'avoir «pas de doutes» que des partisans de M. Gbagbo en étaient responsables.

Des pierres ont par ailleurs été jetées «par des éléments des forces de sécurité du camp Gbagbo», peu avant 14H00 (15h00 suisses), sur une ambulance de l'ONU, a-t-il ajouté. Dans la nuit de mardi à mercredi, trois Casques bleus avaient été «légèrement blessés» dans une «embuscade» des forces pro-Gbagbo, a accusé l'ONU.

La Haut commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay s'est dite «très préoccupée» par ces agressions. Elle a en outre annoncé jeudi qu'un troisième charnier avait été découvert en Côte d'Ivoire. Il se trouverait à Issia, près de Daloa (centre), mais l'ONU n'a pas pu vérifier son existence, a déclaré un de ses porte- parole.

Blocus d'Abobo levé

Jeudi matin, les forces fidèles à Laurent Gbagbo ont levé leur blocus autour du quartier d'Abobo, fief de M. Ouattara. La vie y a repris son cours après une nuit calme.

Ni coup de feu ni détonation n'ont été entendus dans la nuit de mercredi à jeudi, selon des habitants des quartiers d'Abobo et Anyama où un couvre-feu nocturne a été instauré par M. Gbagbo de mercredi à samedi matin.

Le général Philippe Mangou, chef d'état-major de l'armée, a toutefois annoncé jeudi qu'il avait empêché un convoi de l'Onuci de pénétrer à Abobo en raison de sa partialité. Le représentant de l'Onuci, Choi Young-jin, se trouvait dans ce convoi, a indiqué un capitaine de l'ONU ayant requis l'anonymat.

Abobo avait été le théâtre de heurts les deux premières nuits de la semaine entre des éléments armés non identifiés et des membres des Forces de défense et de sécurité (FDS) fidèles au chef d'Etat sortant.

Au moins 11 personnes y ont été tuées, dont huit membres des forces de l'ordre, certains attaqués au lance-roquettes, selon la police. Les deux camps se sont accusés mutuellement d'être à l'origine des récentes violences meurtrières.

Les accusations fusent

Le chef d'état-major des FDS a accusé mercredi soir le camp Ouattara d'être à l'origine des violences «assimilées à des actes de guerre» et averti que ses forces étaient prêtes à riposter.

«Nous réfutons ces accusations. Ce sont bien les forces de l'ordre qui ont encore une fois cherché à provoquer la population paisible», a déclaré le porte-parole du gouvernement Ouattara, Patrick Achi.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit «profondément préoccupé» par les violences et a lancé un «avertissement» au camp Gbagbo en cas de «nouvelle opération» des FDS.

Ce regain de tension démontre la persistance de la crise dans laquelle la Côte d'Ivoire est plongée depuis l'élection présidentielle du 28 novembre. Elle a fait environ 200 morts et poussé poussé plus de 20'000 personnes à fuir vers le Liberia voisin selon l'ONU.

Le Premier ministre kényan Raila Odinga, envoyé par l'Union africaine, doit tenter ce week-end à Abidjan une nouvelle médiation pour chercher une issue pacifique.

(ats)

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