Tuerie de Toulouse: Un troisième homme toujours à identifier
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Tuerie de ToulouseUn troisième homme toujours à identifier

Les enquêteurs français cherchent toujours à identifier un homme dans le cadre de l'enquête sur les tueries de mars dans le sud-ouest de la France, perpétrées par Mohamed Merah.

Entendu lundi pendant près de sept heures par un juge antiterroriste, Abdelkader Merah, 29 ans, a reconnu la présence d'un troisième homme lors de l'achat du blouson de motard que portait son frère lors des tueries de Toulouse et Montauban, selon une source proche du dossier.

Lors de sa garde à vue en mars, il avait déjà reconnu la présence de cet homme lors du vol du puissant scooter dont s'était servi Mohamed Merah au moment de tirer. Lui-même avait admis avoir accompagné son frère lors du vol du TMax 530, le 6 mars à Toulouse, et avoir assisté à l'achat du blouson.

Il avait expliqué avoir pris, à la demande de son frère, le volant de la Clio noire de location ayant servi au vol du scooter. Mohamed Merah était à l'arrière et une troisième personne, «un collègue», occupait la place du passager, selon Abdelkader Merah.

Ami d'enfance

C'est ce dernier qui avait insisté pour suivre Mohamed après qu'il eut volé le scooter et qui l'avait aidé à le cacher. «Je ne vous donne pas son nom, c'est un ami d'enfance», avait-il répondu aux policiers en mars.

Selon une autre source proche du dossier, les enquêteurs cherchent toujours à identifier cette troisième personne.

Comme il l'avait fait devant les policiers, Abdelkader Merah s'est défendu devant le juge d'avoir participé à la préparation des meurtres, selon la première source.

A l'issue de l'audition, son avocat Me Eric Dupond-Moretti a estimé qu'il n'y avait pas d'indice pour dire qu'Abdelkader Merah avait aidé en toute connaissance de cause son frère.

Mais pour les enquêteurs et plusieurs avocats des familles des victimes, il existe bien «un faisceau d'indices extrêmement fort» sur une participation active d'Abdelkader Merah.

Piste islamiste

Une piste confortée, selon ces avocats, par les documents déclassifiés de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) qui accréditent la piste islamiste et l'influence cruciale du frère dans la radicalisation du tueur au scooter.

Devant le juge, Abdelkader Merah a toutefois nié avoir été au courant de la radicalisation de son frère avec lequel il dit s'être réconcilié peu de temps avant les tueries, selon la source.

Abdelkader Merah est mis en examen (inculpé) notamment pour «complicité d'assassinats avec circonstances aggravantes en raison de l'appartenance de victimes à une race ou à une religion», dans l'enquête sur les tueries de son frère dont quatre victimes étaient juives.

Après avoir tué trois militaires, Mohamed Merah, qui se revendiquait d'Al-Qaïda, avait abattu trois enfants et un père de famille dans une école juive de Toulouse le 19 mars. (afp)

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