Argovie : Un tueur et «sadique sexuel» bientôt libre?
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Argovie Un tueur et «sadique sexuel» bientôt libre?

Un détenu aujourd'hui âgé de 23 ans, ayant violé et tué une prostituée en 2008, risque d'être bientôt libéré malgré un haut risque de récidive. Aucune clinique ne veut de lui.

par
num/ofu

Une belle-de-nuit de 40 ans a été retrouvée morte en 2008 dans un lupanar argovien. Son agresseur, un ado alors âgé de 17 ans et souffrant de graves problèmes psychiques, a été interpellé peu de temps après les faits.

Le tueur, aujourd'hui âgé de 23 ans, se trouve actuellement dans la prison de Lenzbourg (AG). Il a pourtant fini de purger sa peine de 4 ans en 2012. Le jeune a également suivi une thérapie. Malgré cela, les autorités estiment qu'il ne peut pas être libéré en raison du haut risque de récidive.

Le problème: les mesures liées au droit pénal des mineurs prennent fin après la 22e année des criminels. C'est pour cela que les autorités argoviennes ont été obligées en 2012 d'ordonner un placement à des fins d'assistance et traitement forcé. D'habitude, cette mesure est prise uniquement lorsque la personne concernée risque de se faire du mal à elle-même. Or dans ce cas, le jeune représente un danger pour la société. Malgré cela, le Tribunal fédéral (TF) avait donné son feu vert à ce placement.

Selon le «Tages-Anzeiger», cette décision avait provoqué de nombreux débats entre juristes. Certains d'entre eux pensaient que ce jugement violait les principes fondamentaux de l'Etat de droit. De son côté, le détenu avait entre-temps demandé sa libération. Mais sa demande avait été rejetée dans un deuxième jugement du TF. Celui-ci avait néanmoins précisé que la prison de Lenzbourg n'était pas l'endroit idéal pour l'accusé parce qu'il ne pouvait pas y être correctement suivi.

La justice argovienne est désormais chargée de trouver une clinique psychiatrique ou un établissement équivalent où le «sadique sexuel» pourra continuer sa thérapie. Selon des recherches du quotidien alémanique, aucune institution n'est prête à accueillir le jeune délinquant, considéré comme un cas désespéré. Un des arguments principaux avancés: les cliniques sont trop pleines. «Il manque 400 lits pour ce genre de cas en Suisse», confirme Benjamin Brägger, expert en droit pénal et professeur aux Universités de Berne et Lausanne. Il semblerait que seules deux demandes sont encore ouvertes. Si celles-ci se révèlent négatives, les autorités seront forcées de libérer le jeune homme.

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