Un ultranationaliste élu à la tête du Parlement serbe
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Un ultranationaliste élu à la tête du Parlement serbe

BELGRADE - L'ultranationaliste Tomislav Nikolic, jadis allié au défunt président yougoslave Slobodan Milosevic, a été élu à la tête du Parlement mardi en Serbie, un fait qui illustre la montée du nationalisme dans le pays sur fond de craintes sur l'avenir du Kosovo.

M. Nikolic, chef du Parti radical serbe (SRS, ultranationaliste), a été élu président du Parlement -deuxième poste de l'Etat par ordre d'importance- grâce aux voix du Parti démocratique de Serbie (DSS, conservateur) du Premier ministre sortant Vojislav Kostunica.

Il a reçu les voix de 142 des 244 députés présents lors d'une séance parlementaire marathon qui a duré près de 15 heures. La candidate du Parti démocratique (DS, pro-occidental) Milena Milosevic a reçu 99 voix.

M. Nikolic est le premier ultranationaliste à accéder à un poste de ce niveau depuis la chute de Slobodan Milosevic en 2000. Son élection reflète la montée du nationalisme serbe sur fond de craintes liées à la perspective d'une indépendance du Kosovo, envisagée par le plan de l'ONU sur l'avenir de la province serbe à majorité albanophone. Elle rappelle également l'incapacité des partis réformateurs et pro-européens à former un gouvernement de coalition depuis les législatives du 21 janvier.

«Je ne suis pas un danger pour la Serbie», a assuré M. Nikolic après son élection. Il a promis de conduire les séances du Parlement «de manière démocratique».

Le nouveau président du Parlement est connu pour ses positions farouchement anti-occidentales. Il plaide notamment pour que la Serbie entretienne des liens étroits avec la Russie et la Chine plutôt que de chercher à rejoindre l'Union européenne. Il se prononce également une intervention militaire au Kosovo dans le cas où la province accéderait à l'indépendance.

«Nikolic symbolise la guerre, l'isolement et la misère», juge Cedomir Jovanovic, chef du parti libéral démocrate, qui a appelé le président pro-occidental Boris Tadic à dissoudre le Parlement et convoquer de nouvelles élections.

A Bruxelles, le commissaire européen à l'Elargissement Olli Rehn évoque un «test-clé pour l'état de droit en Serbie». «Malgré les signes inquiétants venant du Parlement serbe aujourd'hui, j'espère que les partis réformateurs vont continuer à se soucier du désir d'une majorité des électeurs serbes d'avoir un avenir européen.»

Bruxelles exige que Belgrade arrête et remette à la justice internationale le général Ratko Mladic, accusé de crimes de guerre durant la guerre en Bosnie (1992-95), avant de rouvrir des négociations de pré-adhésion avec la Serbie.

Les partis de MM. Kostunica et Tadic n'ont pas réussi à former un gouvernement de coalition malgré une date-butoir fixée au 14 mai pour la convocation de nouvelles élections qui pourraient voir le retour au pouvoir des ultranationalistes. (ap)

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