NYON (VD): Un vaccin antisida va être testé sur 33 femmes belges
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NYON (VD)Un vaccin antisida va être testé sur 33 femmes belges

Plutôt que d'agir au niveau sanguin, la formule développée par une firme vaudoise veut bloquer le virus là où il arrive: sur les muqueuses.

par
Grégoire Nappey

C'est peut-être le progrès que beaucoup attendaient depuis longtemps en matière de recherche d'un vaccin contre le sida. Mais patience: la formule ne devrait pas aboutir avant 2020. Enregistrée aux Etats-Unis et implantée à Nyon et à Epalinges – dans le biopole, au-dessus de Lausanne –, la société Mymetics a annoncé mercredi qu'elle avait reçu le feu vert européen pour les tests sur l'homme de son vaccin contre le virus du sida. «Nous sommes les seuls à avoir axé notre recherche sur des anticorps neutralisants présents dans les sécrétions vaginales ou rectales, explique Sylvain Fleury, directeur scientifique de Mymetics. Les autres projets se sont depuis longtemps concentrés sur une solution sanguine.»

Le laboratoire a cherché à reproduire les anticorps présents chez des personnes naturellement résistantes à l'infection du virus; il s'agit notamment de prostituées kényanes et cambodgiennes. Dès lors, il s'est agi de reconstituer cette protection naturelle. Les vaccins viennent d'être testés sur des femelles macaques en Chine. Des résultats jugés suffisamment sérieux pour passer aux êtres humains, à savoir 33 femmes, volontaires, sollicitées par annonce en Belgique. Dans un an et demi environ, on saura si le vaccin est sûr et s'il n'engendre pas d'effets secondaires.

Une deuxième phase verra entre 200 et 500 personnes testées. Enfin, une dernière ronde s'étalera sur cinq ans et concernera entre 15 000 et 20 000 sujets à hauts risques (prostituées, consommateurs de drogue, etc.) de plusieurs pays. Le développement d'un tel vaccin représente au total un investissement de 400 à 600 millions de dollars.

«Une excellente nouvelle»

«C’est une excellente nouvelle, lâche Guillaume Mandicourt, responsable communication de l’association homosexuelle Dialogai à Genève. Il faudra voir aussi ce que donnent les recherches d’anticorps pour la voie rectale, et,donc, pour les hommes (n.d.l.r.: des tests sur des singes mâles seront bientôt faits aux Etats-Unis).» Le responsable se réjouit que la recherche s’attaque à l’entrée du virus et pas seulement à son éradication. «Mais avant que le vaccin aboutisse, il faut continuer à se protéger en portant un préservatif», ajoute Guillaume Mandicourt.

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