Santé: «Un vaccin ne peut se traduire par de l'autisme»
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Santé«Un vaccin ne peut se traduire par de l'autisme»

La révélation de falsifications dans une étude établissant un lien entre le vaccin ROR et l'autisme relance le débat.

par
Caroline Goldschmid
Nombreux sont encore les parents à refuser de faire vacciner leur enfant, alors que les oreillons, par exemple peuvent entraîner la surdité.

Nombreux sont encore les parents à refuser de faire vacciner leur enfant, alors que les oreillons, par exemple peuvent entraîner la surdité.

Publiée en 1998 dans «The Lancet» puis contestée en 2004, l'étude d'Andrew Wakefield monopolise à nouveau l'attention des médias anglo-saxons. Le «British Medical Journal» accuse, dans un dossier paru la semaine dernière, ce docteur anglais d'avoir volontairement truqué les données de l'étude, qui suggérait un lien entre le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole) et l'autisme infantile. Ce travail avait entraîné une baisse importante de la triple vaccination. Le médecin, lui, espérait toucher de l'argent en poursuivant les fabricants du vaccin.

Aujourd'hui encore, les scientifiques ignorent ce qui cause le syndrome autistique, repérable vers l'âge de 2 ans et demi. En tout cas, «il n'y a aucune raison biologique qu'une vaccination se traduise par de l'autisme», comme l'assure le Dr Bernard Vaudaux, responsable de l'Unité d'infectiologie pédiatrique et vaccinologie du CHUV. Que répondre aux parents qui ont peur de faire vacciner leur enfant? «Toutes les études prouvent que les vaccins n'augmentent pas le risque de maladies», affirme le spécialiste.

Autre son de cloche du côté du Dr Ingo Schneider. Il veut relativiser la valeur des études scientifiques, qui n'apportent «que du profit aux grands laboratoires». En prenant l'exemple du vaccin ROR, le généraliste et homéopathe regrette la «manipulation de toute une population pour préserver la fertilité (séquelle possible des oreillons chez les hommes, ndlr.) d'une personne sur peut-être 100 000 seulement». Et prendre le risque qu'une femme enceinte qui attrape la rubéole accouche d'une bébé malformé? «Non. Je recommande que les filles qui n'ont pas eu la maladie se fassent tester vers l'âge de 12 ans puis reçoivent ensuite le vaccin si besoin. Mais je pense surtout qu'il faut faire appel à son bon sens pour prendre une décision plutôt que de se baser uniquement sur les statistiques», conclut l'homéopathe.

Avant de s’envoler, mieux vaut consulter

Vous partez dans un pays lointain? Sachez qu’il y a autant de listes de vaccinations qu’il y a de pays! «On propose d’abord aux adultes qui s’apprêtent à se rendre dans un pays à risque de ­faire les vaccins qui n’ont pas encore été faits selon le plan suisse, explique le Dr Bernard Vaudaux. Il s’agit souvent de la diphtérie, du tétanos, de la poliomyélite ou de la rougeole.» Les maladies contre lesquelles il faut se vacciner spécifiquement en vue du voyage peuvent être la fièvre jaune, l’hépatite A ou B, la fièvre typhoïde, la rage et le choléra.

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Aucun vaccin n’est obligatoire

Si aucun vaccin n’est imposé par la loi en Suisse, plusieurs d’entre eux sont recommandés par le corps médical, dès l’âge de 2 mois. Dans la vaccination de base, qui a un impact sur la santé publique, on trouve la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyiélite, l’Haemophilus influenze B et l’hépatite B. Le vaccin ROR, lui, pourra être administré dès l’âge de 6 mois. En ce qui concerne la vaccination complémentaire, il y a celle contre la pneumocoque chez le nourrisson et le méningocoque groupe C.

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