Prêt-à-porter: Un vent d'Asie souffle sur les défilés parisiens
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Prêt-à-porterUn vent d'Asie souffle sur les défilés parisiens

Les présentations de prêt-à-porter ont été notamment marquées par le retour sur les podiums parisiens de la Japonaise Hiroko Koshino après 15 ans d'absence.

Fidèle à un certain japonisme qu'elle décline depuis 1978, alors qu'elle a fêté en 2007 ses 50 ans de couture, Hiroko Koshino, véritable institution en Asie du Sud-Est, a effectué un retour en force à Paris où elle fut l'une des premières Asiatiques à défiler régulièrement dans les années 80.

Autant experte en calligraphie qu'en kimonos à l'ancienne, la créatrice de 72 ans a confié à l'Associated Press: «Je ne voulais pas revenir à Paris tant que je n'avais pas restructuré ma distribution et atteint une certaine homogénéité et cohérence».

Avec cinq lignes de vêtements et 353 points de vente pour un chiffre d'affaire annuel annoncé de près de 180 millions d'euros, elle estime «être à nouveau prête pour Paris, car (elle fait) des vêtements pour qu'ils soient portés».

Sa collection, en clin d'oeil à sa culture d'origine, fait la part belle aux robes toutes ceinturées du noeud obi qu'elle revisite: un langage à part entière dans l'ancestrale culture japonaise. Parfois numérisées, les couleurs font honneur au théâtre kabuki, et rappellent par la douceur des tons pastels les jardins du Pays du Soleil levant: motifs floraux, larges pétales ou évocations de branches de cerisiers, le tout est décliné sur de lourds tissus, satin duchesse ou damas. Deux robes de cour à la coupe trapézoïdale sont elles «regonflées» grâce à un travail de matelassé et patchworks, que rehaussent, ici et là, des broderies et fleurs peintes à la main.

Plus «couture» que «prêt-à-porter», la collection de Lie Sang Bong fait honneur au règne animal. «J'ai retravaillé la structure pour donner naissance à une femme plus sensuelle, plus sauvage et organique», a-t-il dit à l'AP. Remarquable par le travail des formes et matières, son vestiaire inclut la chaussure dans le vêtement, depuis l'escarpin à talon aiguille de 15 cm, en passant par la mini-boot ou la cuissarde intégralement incorporée à la robe. les épaules sont hypertrophiées, souvent en «V» et ornées de jeux de franges qui virevoltent à l'envi.

Des franges que l'on retrouve, majoritairement noires, sous formes de jupes courtes ou, couleur violine, en une robe baby-doll à trois étages. Le noir domine, en cuir, vinyle ou toile enduite scintillante, cassé par les jaunes lumineux des zébrures, des imitations léopard ou tigré des soies imprimées, quand des masses de fourrures mauves jaspées rappellent à leur tour l'animalité voulue par le créateur.

Mention spéciale pour le duo flamand A.F. Vandevorst, formé à Anvers, l'un des trois «nids» de jeunes talents européens, avec Londres et Paris. Pour sa 23ème collection, An et Filip ont voulu célébrer «la femme, nomade», ont-ils dit à l'AP. «Nous nous sommes inspirés de toutes les structures ethniques des vestiaires féminins de par le monde». Ainsi, tant pour les hyper-structures de certaines, robes ou manteaux, les formes géométriques dominent: carrés, triangles ou losanges.

L'ensemble a l'allure d'une flopée de chasseresses, dont les gibecières à lanières sont comme incrustées dans le vêtement. De larges manteaux les enveloppent, en feutre, coton de soie ou larges bandes de lapin, montées en chevron. Cela ajoute à ce vestiaire des baroudeuses. Leur visage est cagoulé de bas de soie, elles sont chaussées, en plusieurs longueurs de jambes, de créations ressemblant à s'y méprendre à des sabots de cervidés, quand toutes sont gantées couleur chair, et ce, jusqu'au bout des ongles. (ap)

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