Actualisé 14.02.2011 à 09:33

Revue de presseUn vote en faveur de la tradition

La presse suisse estime que les opposants à l'initiative sur les armes sont parvenus à faire du scrutin un vote sur la sécurité et les valeurs.

Le rejet de l'initiative «pour la protection face à la violence des armes» serait, selon les journaux helvétiques, plus une défense de la tradition qu'une décision sur le fond.

Ainsi, sous le titre «Maintenir la tradition», «Le Temps» remarque que la campagne de votation a «largement déformé le texte de l'initiative». «Une mesure technique (...) est devenue un débat national sur la tradition, les étrangers criminels, les tirs sportif, la chasse, voir l'existence même de l'armée».

Habilement

«La Liberté» estime que «les opposants à l'initiative ont habilement focalisé le débat sur l'arme militaire» même si elle «ne représente qu'une infime partie des armes existant dans le pays». «C'est la Suisse des stands de tir, des chasseurs et des soldats qui s'est massivement mobilisée pour faire échec à l'initiative».

Tout en relevant que «les tenants de la tradition sont rassurés», «Le Nouvelliste» se demande, lui, «sur quoi les citoyens ont réellement voté». «Paradoxalement, ce sont ceux-là même que l'initiative voulait épargner, à savoir les chasseurs, les tireurs sportifs et les collectionneurs, qui ont fait capoter le projet.»

Peur

«Au sujet des armes, n'est-ce pas plutôt la peur de voir disparaître une certaine vision de la Suisse qui l'a emporté?» se demande le «Journal du Jura». Et d'ajouter: «Et tant pis si cette image, digne d'Epinal, ne correspond plus aux réalités stratégiques d'aujourd'hui».

Plus véhément, «Le Quotidien jurassien» écrit que «c'est une victoire de la tradition, du conservatisme». En affirmant que l'initiative constituait «une attaque contre la liberté individuelle, la responsabilité du citoyen, contre l'armée de milice, ils ont su lever des troupes diverses». «Guillaume Tell est sauvé, il peut dormir en paix».

Paradoxe

«La Tribune de Genève» estime que «c'est la Suisse moderne qui a perdu cette bataille». Elle relève un paradoxe, estimant que «les Suisses conservateurs, UDC en tête, ont voté hier contre une mesure de sécurité». «Entre sauver des vies ou sauvegarder le mythe désuet attaché à l'arme militaire, il ont préféré le mythe».

«24 heures» relève aussi que les Suisses «ont dit oui à la tradition», même si celle-ci a été revisitée, l'armée ayant du admettre que «tout le monde ne peut se voir confier un fusil d'assaut, et encore moins les cartouches». D'ailleurs, «les Suisses n'ont pas admis la très pessimiste vision du monde portée par les initiants» et ont fait «face aux armes, le pari de la confiance».

Suisse alémanique

Le ton est le même dans la presse alémanique. Ainsi, la «Basler Zeitung» titre: «Victoire de la vieille Suisse». Pour la «Neue Zürcher Zeitung», «la sécurité et la défense sont des valeurs très profondément ancrées», alors que le «Bund» estime que «quelques symboles pathétiques peuvent être plus forts que la froide raison».

Pour le «St-Galler Tagblatt», une «machinerie de marketing géniale» a fait de l'initiative le terrain où se jouait la grandeur ou la déchéance du pays. Ce journal relève en outre que, tant sur le fond que sur la forme, les opposants ont «sorti les mêmes chansons qu'ils avaient déjà entonnées lors des votations sur les minarets et sur le renvoi des étrangers».

Le «Tages Anzeiger» va dans le même sens. «Pour une large partie de la population, il s'agissait d'une question d'identité nationale, de défense de la liberté et de l'autodétermination». «Il est facile d'organiser la résistance en agitant de tels spectres». (ats)

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