Actualisé 29.02.2012 à 09:53

Union européenne

Un vote irlandais sur le pacte budgétaire

L'Irlande a choqué l'UE avec l'annonce mardi de l'organisation d'un référendum sur le nouveau pacte budgétaire européen. Une décision qui pourrait fragiliser la zone euro et provoquer un affrontement avec l'Allemagne.

Enda Kenny  n'a pour l'heure pas indiqué la date du scrutin.

Enda Kenny n'a pour l'heure pas indiqué la date du scrutin.

L'Irlande a annoncé mardi l'organisation d'un référendum sur le nouveau pacte budgétaire européen, un scénario que voulait absolument éviter Bruxelles après le laborieux accord trouvé fin janvier sur ce texte et dans lequel Dublin joue également gros.

Le Premier ministre Enda Kenny a déclaré devant le Parlement que son gouvernement avait décidé de demander «au peuple irlandais d'autoriser la ratification de ce traité», après consultation de l'attorney général, personnalité chargée de le conseiller sur les questions constitutionnelles.

D'après l'attorney général, «ce traité étant un instrument spécifique en dehors de l'architecture du traité de l'Union européenne», un référendum «est nécessaire pour le ratifier», a précisé le Premier ministre.

Règle d'or

Fin janvier, 25 des 27 dirigeants de l'Union européenne, à l'exception de la Grande-bretagne et de la Tchéquie, se sont prononcés en faveur d'un nouveau pacte budgétaire européen.

Il obligerait chaque pays signataire à inscrire dans ses lois une «règle d'or» d'équilibre budgétaire. Le non respect de cette règle exposera automatiquement à des sanctions.

Ce traité est «une partie importante du train de mesures» pris par l'Europe pour stabiliser la situation dans la zone euro, a fait valoir le Premier ministre, car «il donne l'assurance que le genre de problèmes survenus en Grèce ne se reproduiront plus».

L'adoption de ce texte sera «une autre étape importante pour l'Irlande sur la route du redressement», a souligné pour sa part le ministre des Affaires étrangères Eamon Gilmore, se disant «confiant dans le fait que la population se prononce en faveur de ce traité».

«Au bout du compte, cela reviendra à voter pour la stabilité économique et la reprise», a-t-il poursuivi, jugeant ce texte «vital» pour le pays.

Consultation souhaitée

L'organisation de cette consultation en Irlande risque d'être suivie de près par ses partenaires européens, ce pays ayant dans le passé rejeté à deux reprises des traités européens (Nice en 2001 et Lisbonne en 2008), qui ont dû être soumis une deuxième fois à référendum avant d'être approuvés.

Un sondage publié fin janvier avait montré que près des trois quarts des Irlandais souhaitaient une consultation populaire sur le pacte. 40% avaient alors affirmé qu'ils voteraient pour, 36% contre, 24% se disant indécis, selon l'enquête du «Sunday Business Post/Red C».

Le principal parti d'opposition, le Fianna Fail (centre), avait demandé que la population soit consultée «sur tout changement significatif de notre situation en Europe».

Le Sinn Fein, parti nationaliste de gauche, avait également jugé «impératif que la population ait son mot à dire».

La Hongrie a déjà adopté le pacte, ratifié par son parlement le 20 février. La Roumanie et le Danemark, qui sont membres de l'UE, mais pas de la zone euro, ont annoncé qu'ils feraient simplement ratifier le traité par leur Parlement, sans recourir à un référendum.

(ats/afp)

L'Allemagne «prend acte»

A Berlin, le gouvernement allemand a simplement pris «acte» de l'annonce de ce référendum, estimant qu'il s'agissait d'une «question de politique intérieure irlandaise». Le taux de chômage brut en Allemagne en février a augmenté de 0,1 point par rapport à janvier, à 7,4%, tandis que le nombre de sans-emploi, en données brutes, a grimpé de 26'000 sur un mois pour totaliser 3,11 millions, selon l'Agence pour l'emploi mercredi.

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