Un Yom Kippour sous haute tension Des milliers de fidèles musulmans bloqués par l'armée
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Un Yom Kippour sous haute tension Des milliers de fidèles musulmans bloqués par l'armée

En plein Ramadan, Israël a empêché des milliers de musulmans d'entrer à Jérusalem pour la prière du vendredi.

Le pays a aussi renforcé les mesures de sécurité autour de ses frontières, alors que les Juifs s'apprêtaient à célébrer la fête religieuse du Yom Kippour.

Les forces de l'ordre et l'armée ont bloqué les points de contrôle près des villes de Ramallah et Bethléem, en Cisjordanie. Des milliers de Palestiniens ont dû rebrousser chemin alors qu'ils tentaient de rejoindre Jérusalem.

Certains d'entre eux sont restés à la frontière, s'agenouillant pour prier sous un soleil de plomb.

Jusqu'à dimanche

L'armée israélienne a prévenu qu'aucun Palestinien en provenance de Cisjordanie ne serait autorisé à entrer à Jérusalem jusqu'à dimanche, si ce n'est pour raison médicale. Selon elle, des «menaces sérieuses d'attaques terroristes» planent alors que les Juifs s'apprêtent à célébrer le Yom Kippour, le jour du Grand Pardon.

«Ils célébrent leur fête religieuse aux dépens de celle du peuple palestinien», a commenté le Cheikh Mohammed Hussein, le plus haut dignitaire musulman de la ville, ajoutant que la mosquée d'Al Aksa pouvait accueillir 200 000 fidèles mais qu'il s'attendait à une affluence bien moindre en raison du bouclage.

Appel de l'UNRWA

Christopher Gunness, un porte-parole de l'UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient), a également condamné le bouclage de la Cisjordanie, qui empêche le travail du personnel onusien.

Il a appelé Israël à autoriser les déplacements des employés de l'UNRWA qui viennent en aide à la population palestienne, «déjà dans une situation économique difficile».

Plus tôt vendredi, l'armée israélienne a achevé une incursion de trois jours à Naplouse, en Cisjordanie, lors de laquelle elle aurait procédé à de nombreuses arrestations de combattants. D'après des officiers, ceux-ci s'apprêtaient à commettre des attentats suicide en Israël pendant les fêtes religieuses.

Bande de Gaza

Au centre de la bande de Gaza, un activiste du Hamas a été tué jeudi soir par l'armée israélienne, portant à quatre le nombre de Palestiniens qui ont péri lors d'une incursion israélienne dans ce secteur, selon un nouveau bilan obtenu vendredi de source médicale.

Parmi les trois autres Palestiniens tués figure un adolescent de 16 ans mort écrasé par un bulldozer militaire.

Selon un responsable palestinien, un haut responsable du Hamas a tenté d'ouvrir des discussions avec les autorités israéliennes pour faire baisser d'un cran la tension autour de la bande de Gaza, déclarée «entité ennemie» par Tel Aviv. Mais sa démarche n'aurait pas abouti.

(ats)

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