Actualisé 15.04.2020 à 13:43

Coronavirus en Allemagne

Un zoo songe à laisser ses bêtes en manger d'autres

Privé de visiteurs, un zoo allemand n'a plus les fonds nécessaires pour s'occuper de ses animaux. Sa directrice craint de devoir prendre des mesures extrêmes.

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Comme la plupart des parcs animaliers sur la planète, le zoo de Neumünster (nord de l'Allemagne) paie un lourd tribut à la crise du coronavirus. Privé de visiteurs, le site peine à trouver les fonds nécessaires au soin et à l'alimentation de ses animaux. La mort dans l'âme, la directrice du zoo a expliqué au journal «Die Welt» qu'elle serait bientôt obligée de nourrir certains pensionnaires du parc avec d'autres animaux du zoo. «Nous avons établi une liste des animaux qu'il nous faudra abattre en premier», explique Verena Kaspari.

La directrice précise que le parc ne tuera certaines de ses bêtes qu'en tout dernier recours parce qu'aucune autre solution n'aura été trouvée. Rien ne garantit d'ailleurs qu'une mesure aussi extrême suffira à résoudre les problèmes financiers du zoo s'il devait encore être privé de visiteurs pendant plusieurs mois. Selon les estimations de Verena Kaspari, si le parc animalier reste fermé tout le printemps, il pourrait perdre environ 175'000 euros (185'000 francs).

Nourrir les grands animaux coûte cher, et la directrice souligne que les pingouins et les phoques ont besoin de grandes quantités de poissons chaque jour. «Si on en arrive là, je devrai euthanasier les animaux plutôt que de les laisser mourir de faim», déplore-t-elle. Le plus souvent, si un zoo ne peut plus s'occuper d'un animal, celui-ci est déplacé dans un autre zoo. Mais tous les zoos allemands sont actuellement dans la même situation, et les frontières sont fermées. Le transfert d'animaux n'est donc pas une option.

Solitude des animaux

Le cas de Vitus inquiète tout particulièrement Verena Kaspari. Vitus, c'est la mascotte du zoo: un ours polaire de trois mètres et demi de long, soit le plus grand spécimen présent en Allemagne. Du fait de son imposant gabarit, le plantigrade ne pourrait pas être accueilli dans un autre parc que celui de Neumünster.

Comme beaucoup d'autres zoos en Allemagne, celui de Neumünster n'est pas couvert par le fonds d'urgence du pays pour les petites entreprises car il appartient à une association qui n'entre pas dans la catégorie nécessaire, explique la BBC. En conséquence, les zoos du pays ont lancé un appel aux dons du public et réclamé au gouvernement une aide de 100 millions d'euros afin de couvrir les frais de garde de leurs animaux. L'association nationale des zoos allemands (VdZ) estime qu'un parc moyen pourrait perdre jusqu'à un demi-million d'euros par semaine en raison de sa fermeture.

Les gardiens de zoo sont également préoccupés par le bien-être de leurs pensionnaires, car ils ne voient plus les visiteurs qu'ils avaient l'habitude de recevoir. De nombreux animaux sont très sociables et se développent grâce à l'interaction humaine. Philine Hachmeister, porte-parole du zoo de Berlin, avait déclaré à l'agence de presse DPA que «les singes aiment particulièrement observer les gens». Directeur du zoo de Schwerin (nord), Tim Schikorasaid s'inquiète par ailleurs pour la santé des gardiens: s'ils venaient à tomber malades, il n'y aurait plus personne pour s'occuper des bêtes. «Ce serait d'autant plus problématique pour les animaux si leurs gardiens étaient souffrants», s'inquiète-t-il.

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