Actualisé 20.05.2020 à 04:43

Cinéma

Une ado qui doit trouver sa place

Ce mercredi sort le flim canadien «Une colonie». Critique et interview de l’actrice en vidéo.

de
Marine Guillain

«Une colonie», c’est l’histoire de Mylia, 12 ans, qui fait son entrée à l’école secondaire au Québec. Tandis qu’il lui faut trouver sa place dans ce nouvel univers, elle doit aussi supporter son boute-en-train de petite sœur et elle panique en voyant ses parents s’éloigner l’un de l’autre.


Mylia est incarnée par Émilie Bierre, jeune actrice épatante. Nous l’avions rencontrée à Berlin, où le film avait été présenté. Découvrez son interview ainsi que notre avis sur le film de Geneviève Dulude-De Celles dans la vidéo ci-dessus. «Une colonie» sort ce mercredi 20 mai 2020 en VOD. Vous pouvez le visionner ici.

Émilie Bierre dans «Une colonie»

Émilie Bierre dans «Une colonie»

- DR

Récap’ des dernières sorties

Depuis fin mars 2020, le distributeur Outside the Box sort un nouveau film chaque mercredi, en collaboration avec une trentaine de cinémas romands. Il suffit d’aller sur le site du distributeur ou d’un des cinémas et de choisir le film voulu. La séance VOD coûte 10 fr.: la moitié de cette somme va aux salles, et l’autre moitié au distributeur du film. «Une manière de soutenir un secteur d’activité frappé de plein fouet par les mesures de confinement et de maintenir vivants les rituels de sortie du mercredi!» indique Outside the Box. Pour rappel, voici les longs-métrages inédits déjà sortis, accompagnés d’une petite critique et d’une bande-annonce.

«Euthanizer», de Teemu Nikki

Après la Lettonie («Oleg») et la Suède («The Giant»), on reste dans le cinéma nordique. Le distributeur Outside the Box nous emmène cette fois-ci en Finlande avec «Euthanizer». Dans cette comédie noire, passablement violente, un mécanicien misanthrope arrondit ses fins de mois en euthanasiant des animaux. «Les petits, je les gaze et les grands, je leur tire une balle», explique-t-il, impassible, à une cliente. Chats, chiens et cochons d’inde y passent, amenés par des locaux qui veulent s’en débarrasser. En posant là-dessus une histoire d’amour singulière, des vengeances sanglantes et de superbes idées de mise en scène, Teemu Nikki nous propose une œuvre des plus atypiques… et jouissives! ****

«The Giant», de Johannes Nyholm

Il ne ressemble à rien d’autre, ce film. Ne prenez pas peur! Il est aussi accessible qu’il est inclassable. Dans cette petite merveille venue de Suède, Rikard a un rêve: participer au Championnat nordique de pétanque. Et cet autiste au visage très déformé, abandonné par sa mère à la naissance, va tout faire pour y parvenir. Ailleurs, dans la nature norvégienne, sauvage et mystique, quelque chose grogne, une force, prête à se réveiller… Dingue, la manière dont le long-métrage de Johannes Nyholm captive! Cette fable à la fois fantastique et ultraréaliste fait forcément penser à «Elephant Man» de David Lynch, aux «Idiots» de Lars von Trier et au plus récent «The Peanut Butter Falcon» (on vous en avait parlé ici). Les qualités de «The Giant»? Une chouette bande-son, une jolie relation entre Rikard et son ami Roland, une ode à la liberté, à la différence, à la lumière, à l’espoir. Et qui l’aurait cru? Le film parvient à redonner ses lettres de noblesse à la pétanque (voire, osons le dire, à la rendre palpitante!). Soudain, cette discipline devient poétique et pleine de sens, par exemple lors de cette scène où elle est comparée au système solaire, quand Roland explique que le plus beau coup n’est pas de s’approcher du centre, mais de le déplacer… ****

«Oleg», ou le boucher qui se fait dévorer tout cru

C’est une première suisse. Présenté à Cannes à la Quinzaine des réalisateurs, le film du Letton Juris Kursietis sort en ligne avec Outside the Box. Lourd, pesant, ce drame raconte le parcours impitoyable d’un immigré letton qui arrive en Belgique pour exercer sa profession: boucher. Mais le jeune homme perd rapidement son job, et en plein désespoir, tombe sous la coupe d’un Polonais pervers et manipulateur qui fait de lui son esclave moderne. Toujours au plus proche de la réalité, «Oleg» souffre d’un parallèle religieux (le protagoniste se voit comme l’agneau sacrifié de Dieu) inutile et redondant, même s’il permet de belles images oniriques. Pour le reste, on a été pris par cette descente aux enfers implacable. ***

«Al-Shafaq»: Les Dégâts Du Djihad

Mercredi 22 avril 2020, sort «Al-Shafaq», de la réalisatrice turco suisse Esen Isik. Dans ce drame, il y a Abdullah, père de famille musulman pratiquant qui habite à Zurich. Il y a le jeune Burak, qui cherche son équilibre et se laisse embrigader vers le djihad. Et il y a Malik, un enfant kurde qui a atterri dans un camp de réfugiés avec son grand frère. Si la thématique portée à l’écran n’est pas nouvelle, l’émouvant «Al-Shafaq» croise les regards de ses protagonistes avec brio et tire d’autant plus son épingle du jeu grâce à une belle sobriété et à de superbes jeux d’acteurs. ***

«midnight family»: Virée hallucinante en ambulance mexicaine

Ce doc palpitant sur des ambulanciers devait initialement sortir en salle le 18 mars 2020. Il suit la famille Ochoa, qui nuit après nuit, se met en chasse de clients solvables dans son ambulance privée. Cela à Mexico City, où l’État met en service moins de 45 ambulances pour 9 millions d’habitants. Course pour arriver le premier, problèmes avec les flics, corruption, pauvreté; voilà un quotidien sacrément mouvementé! Vous serez certainement happés et ne manquerez pas de vous étonner que Luke Lorentzen, réalisateur américain de 27 ans, soit parvenu à placer une caméra dans ce boxon! ***

«The Charmer», de Milad alami

Esmail (Aradalan Esmaili), jeune iranien vit au Danemark où il travaille comme déménageur. Le soir, il enfile son costard et sort boire des verres, à la recherche d’une conquête. S’il pouvait se marier, cela lui permettrait d’obtenir un permis de séjour et de rester au Danemark… Un jour, il rencontre Sara, (Soho Rezanejad, sublime), qui voit immédiatement clair dans son jeu. À travers «The Charmer», Milad Alami traite de l’exil avec mélancolie. Comment trouve-t-on sa place dans une société qui n’est pas la nôtre, et que fait-on quand l’amour s’en mêle? Le réalisateur prend soin de ne jamais juger son personnage principal, et donne à son film des airs de thriller. Proposé par Sister Distribution, «The Charmer» est à découvrir sur Filmingo. ***

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