Genève: Une ado rouée de coups par quatre hommes

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GenèveUne ado rouée de coups par quatre hommes

Une apprentie de 16 ans a été attaquée début novembre à Villereuse par des individus qui lui ont volé des écouteurs.

par
Jérôme Faas
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Les faits se sont déroulés dans le parc de Malagnou, devant la sortie haute de l'ascenseur du parking de Villereuse, en contrebas des balcons des immeubles d'habitation et à proximité du Muséum d'histoire naturelle.

Les faits se sont déroulés dans le parc de Malagnou, devant la sortie haute de l'ascenseur du parking de Villereuse, en contrebas des balcons des immeubles d'habitation et à proximité du Muséum d'histoire naturelle.

20 minutes / lfe
La jeune apprentie de 16 ans a été attaquée par quatre hommes à la sortie de son travail. Il était 18h45 (image d'illustration).

La jeune apprentie de 16 ans a été attaquée par quatre hommes à la sortie de son travail. Il était 18h45 (image d'illustration).

Mauro_grigollo

Les agressions se succèdent et les langues se délient. Après les cinq femmes tabassées à la place des Trois-Perdrix en août et les trois jeunes attaqués au Jardin Anglais le 1er décembre, une adolescente de 16 ans a décidé de parler: le 7 novembre à 18h45, quatre hommes l'ont rouée de coups au parc de Malagnou.

La jeune apprentie raconte son calvaire avec précision. A la sortie du travail, elle attendait une amie dans le parc en écoutant de la musique avec ses AirPods. «Je me les suis offerts avec mes premiers salaires», précise-t-elle. Quatre individus l'abordent. L'un lui demande une cigarette, qu'elle n'a pas. Il lui réclame ses écouteurs. Elle refuse. Suit un déchaînement de violence.

Insultes et crachat

L'homme l'agrippe par les cheveux, la jette à terre. «L'arrière de mon crâne frappe violemment le sol. Je pleure, je pense aux personnes à qui je tiens, à ma famille. Et à ce moment-là, je me fais violemment tabasser à coups de pieds par les quatre jeunes hommes.» Le premier assaillant la relève, l'insulte, la traite de «prostituée des rues». Et lorsqu'elle lui dit n'avoir que 16 ans, «il lui met «un coup de poing dans l'oeil, si violent que je tombe.» Il s'empare alors des AirPods et du chargeur, puis lui crache dessus alors qu'elle pleure au sol.

Traumatisme crânien

Amenée à l'hôpital par la police municipale, elle a cessé de travailler presque trois semaines. «Là, elle a repris à 50%, détaille sa mère. Elle a eu un traumatisme crânien, tout son corps était tuméfié, et elle a toujours un suivi psychologique. Il y a un avant et un après. Elle avait toujours la joie de vivre au réveil. Là, ce n'est plus le cas.»

Sentiment de culpabilité

Rencontrée ce mercredi après-midi en présence de sa mère, l'adolescente a détaillé les effets qu'a produits sur elle cet épisode. «J'ai perdu confiance en moi. Je ne sors plus énormément le soir, et sortir seule est compliqué. Je pourrais facilement faire une crise d'angoisse.» Un sentiment de culpabilité la guette. «Ce parc, j'y allais fréquemment. Et, surtout à l'heure à laquelle j'y étais, je ne pensais pas que c'était quelque chose de mal.» Elle explique avoir commencé à se poser beaucoup de questions. «Est-ce qu'il m'a tapée parce que je le méritais? Me suis-je trop montrée avec des objets de valeur?»

Même à Genève, pas à l'abri

Elle est néanmoins persuadée que leur mobile était la violence gratuite, le défoulement. «Ce n'était pas pour les écouteurs. Ils ont vu mon porte-monnaie et mon téléphone, mais ne les ont pas pris.» Aujourd'hui, elle dit ne pas en vouloir à ses agresseurs. «Ils doivent être tellement bas dans leur propre estime qu'il n'y a pas besoin.» Mais elle souhaite qu'ils soient arrêtés, pour que Genève soit plus sûr. «Ce que je veux vraiment, c'est passer le message qu'il faut être prudent. Avant, je pensais qu'à Genève on était à l'abri de tout. Ce n'est pas vrai.»

Enquête en cours

La jeune apprentie et sa mère ont déposé une plainte pénale le 8 novembre, soit le lendemain des faits. Porte-parole de la police cantonale, Joanna Matta confirme. «C'est l'enquêteur de sécurité publique du poste de police de proximité de Rive qui est en charge de l'affaire, appuyé par différents services. Le dossier lui tient très à coeur. Pour l'heure, aucune interpellation n'a été faite.»

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