Pakistan: Une ado tuée à l'acide par ses parents
Actualisé

PakistanUne ado tuée à l'acide par ses parents

Une adolescente soupçonnée d'avoir rencontré un jeune homme sans l'accord de ses parents a été brûlée à mort à l'acide par ces derniers dans la partie du Cachemire.

Ce meurtre est survenu en début de semaine dans le district reculé de Khoi Ratta, situé à 140 kilomètres de la capitale régionale Muzaffarabad, a indiqué à l'AFP Tahir Ayub, un haut responsable de la police.

Le père, Mohammad Zafar, a battu lundi soir sa fille Anvu Sha, âgée de 15 ans, après l'avoir vu discuter avec un jeune homme à l'extérieur du domicile familial, selon le récit de la police. «Le père a commencé par la battre, puis il a jeté de l'acide sur tout le corps avec l'aide de sa femme. La fille a été brûlée grièvement mais ils ont attendu le lendemain (mardi) pour la transporter à l'hôpital où elle est morte», a ajouté ce responsable policier, précisant que le décès a été constaté mercredi.

La soeur aînée de l'adolescente a contacté la police locale peu avant l'enterrement pour demander la tenue d'une enquête sur son décès. Les policiers ont interpellé les parents qui ont avoué leur crime. «Les parents ont confessé (leur crime), ils ont affirmé qu'ils soupçonnaient leur fille d'avoir une relation illicite avec un garçon», a souligné M. Ayub.

Le docteur Mohammad Jahangir de l'hôpital public Kotli a confirmé que le décès de la jeune Anvu Sha est dû aux brûlures causées par l'acide. «Lorsqu'elle a été transportée ici, elle était déjà dans un état critique, 70% de sa peau était brûlée», a dit M. Jahangir. Dans les zones les plus pauvres et reculées du Pakistan, pays musulman très rural et conservateur, les femmes sont parfois traitées comme des objets ou des monnaies d'échange, peu protégées par la police et souvent sous pression de leurs familles qui les dissuadent de protester pour ne pas leur faire honte.

Selon un amendement adopté l'an dernier par l'assemblée nationale, les auteurs d'attaques à l'acide, des violences qui défigurent chaque année plus de 200 femmes dans le pays, pourraient écoper d'une peine minimale de 14 ans de prison. Les autorités n'ont pas précisé jeudi le sort des parents de l'adolescente. (afp)

Ton opinion