15.02.2019 à 07:19

NeuchâtelUne adoption avortée vire au règlement de comptes

La SPA a refoulé une jeune femme qui voulait accueillir un chien atteint de nanisme. Depuis, les coups pleuvent entre eux.

de
Francesco Brienza
La SPA de Neuchâtel subit la colère d'une jeune femme éconduite.

La SPA de Neuchâtel subit la colère d'une jeune femme éconduite.

Facebook/spane.ch

«Je suis choquée et si triste. On voulait donner une deuxième vie à Kiwi!» Gaëlle et son copain, âgés de 23 ans, se sentaient prêts pour adopter un chien. Début février, ils se sont rendus à la SPA de Colombier (NE), remplis d'amour à donner. Ils avaient flashé sur un berger allemand atteint de nanisme hypophysaire, qui risque de mourir dans les prochains mois. «L'histoire m'a directement touchée, raconte la Neuchâteloise. Mais tout de suite, la directrice a eu des préjugés sur notre âge. Pourtant, nous avons deux salaires fixes, et nous habitons à 200 m de la forêt, en pleine campagne.»

Rien n'y a fait. Le refuge a attribué Kiwi à d'autres candidats, plus expérimentés. Depuis, un bras de fer s'est engagé sur les réseaux sociaux. «Cette directrice n'a pas sa place là-bas», a écrit la jeune femme éconduite dans un post largement partagé. «Je me battrai jusqu'au bout.»

Réaction: Gaëlle a été bannie de la page du refuge, qui envisage désormais de porter plainte. «On ne peut pas accepter qu'elle fasse du tort à l'institution», indique Chantal Yerly, présidente de la SPA. Et de revenir sur le cas de Kiwi: «C'est un animal très spécial. Il lui faut une famille qui a déjà eu des chiens, ce qui n'était pas le cas de ce couple.» L'absence de jardin clôturé a aussi pesé dans la balance. «Je comprends que ces jeunes soient frustrés, reprend-elle. Je n'ai rien contre eux. Mais notre boulot, c'est de choisir le meilleur foyer possible pour nos animaux. La SPA n'est pas un magasin!»

Refuges maîtres du jeu de l'adoption

En Suisse, chaque SPA est libre de fixer ses propres conditions d'adoptions. Les refuges demandent tout de même certains critères de détention: les besoins naturels de l'animal doivent être satisfaits, et on doit lui apporter respect et affection. Pour le reste, c'est une question de flair, et surtout de discussion. «C'est un meilleur outil qu'une longue liste de critères», assure Chantal Yerly.

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