Italie: Une affaire de corruption au Vatican

Actualisé

ItalieUne affaire de corruption au Vatican

Le cardinal-archevêque de Naples et l'ex-ministre italien des infrastructures et des transports font l'objet d'une enquête pour des faits de corruption aggravée.

Le cardinal-archevêque de Naples, Crescenzio Sepe, est soupçonné de malversations dans le cadre d'un contrat immobilier.

Le cardinal-archevêque de Naples, Crescenzio Sepe, est soupçonné de malversations dans le cadre d'un contrat immobilier.

Une affaire embarrassante à la fois pour le gouvernement et le Vatican.

L'instruction ouverte par le parquet de Pérouse (centre) porte sur des marchés publics, notamment dans le bâtiment, attribués à l'occasion de grands événements tels que le G8 de l'an dernier à l'Aquila ou les célébrations de l'an 2000, a-t-on appris ce week-end de sources judiciaires.

Les faits reprochés au cardinal Sepe remontent à la période où il dirigeait la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, qui gère les missions et les travaux du Vatican à l'étranger. Le prélat, nommé archevêque de Naples en 2006, et M. Lunardi sont soupçonnés de malversations dans le cadre d'un contrat immobilier.

Selon les médias italiens de dimanche, Pietro Lunardi a acheté en 2004 un immeuble romain à la Congrégation pour l'évangélisation des peuples à un tarif inférieur à celui du marché.

Devenu membre du gouvernement Berlusconi l'année suivante, il a signé un décret autorisant le déblocage de fonds pour la restauration de plusieurs bâtiments religieux, dont le palais du XVIIe siècle qui abrite la Congrégation, face aux marches de la place d'Espagne.

«La vérité va émerger»

«La vérité va émerger (...) Je suis serein», a déclaré dimanche le cardinal Sepe, assailli par les journaliste à sa sortie d'une église napolitaine.

Dans un communiqué, le Vatican souhaite que la situation soit «éclaircie totalement et rapidement pour dissiper toute les ombres, qu'elles portent sur la personne (de Mgr Sepe) ou sur l'Eglise». Le Saint-Siège assure que le cardinal de Naples «collaborera évidemment» à l'enquête.

L'enquête du parquet de Pérouse a déjà entraîné la démission en mai du ministre de l'industrie Claudio Scajola. Ce dernier avait acheté en 2004 un luxueux appartement avec vue sur le Colisée pour un montant de 600'000 euros, un prix largement inférieur à ceux pratiqués sur le marché.

Les vendeuses de l'appartement, deux soeurs, affirment avoir reçu 900'000 euros supplémentaires sous forme de 80 chèques de banque. Les magistrats chargés de l'instruction pensent que les chèques proviennent de fonds liés à un promoteur arrêté avec trois autres personnes en février dans le cadre d'une enquête de corruption présumée sur l'attribution de marchés publics. (ats)

Ton opinion