Actualisé 03.03.2020 à 17:56

Canton de Vaud

Une affaire de viol jugée en appel à Lausanne

Condamné à 5 ans de prison pour avoir violé une femme à Nyon après l'avoir raccompagnée en janvier 2019, un Portugais de 39 ans conteste le jugement.

A sa demande, la victime est comparue en huis-clos partiel.

A sa demande, la victime est comparue en huis-clos partiel.

Keystone

Le Tribunal cantonal vaudois a entendu mardi la victime d'une agression sexuelle survenue à Nyon en janvier 2019. Les juges doivent décider si le Portugais, condamné à 5 ans de prison en première instance, est bien coupable de viol ou doit être libéré comme le réclament ses avocats.

La Nyonnaise, violée une nuit de janvier 2019 par un père de famille portugais, a été entendue ce mardi après-midi à Lausanne par le Tribunal cantonal. Cette seconde instance doit se prononcer sur le cas de l'électricien de 39 ans. L'homme avait écopé de cinq années de prison ferme et à une expulsion de Suisse, de la part du Tribunal correctionnel de l'arrondissement de la Côte en octobre dernier.

A sa demande, la victime est comparue en huis-clos partiel, à savoir après que son agresseur et la dizaine de personnes de sa famille venues le soutenir sont sortis de la salle d'audience. Son interrogatoire a été rapide.

Déjà abusée par le passé

«Mon compagnon est venu me retrouver au CHUV après le viol et m'a prise dans les bras», a principalement expliqué la jeune femme. «Quelle aurait été sa réaction si vous lui aviez dit que vous aviez fait un écart de fin de soirée?», a de son côté demandé un des deux avocats de la défense. «Je ne sais pas», a répondu la Nyonnaise qui réfute la version de la «relation consentie animale et intense», mise en avant par l'accusé. A noter qu'elle avait été victime d'un premier abus sexuel à l'âge de 17 ans.

Les plaidoiries ont suivi. La défense a fustigé une «lecture béate des faits» de la part des premiers juges. «Je n'ai jamais observé autant de contradictions ni autant d'éléments à décharge dans ma carrière. Quand on pointe des contradictions, cette femme se cache derrière le stress post-traumatique qui à la voir n'est pas évident. Ce dossier est béant!», a lancé l'avocat.

Agressé par des codétenus

L'autre avocat de la défense s'est ensuite dit convaincu de l'innocence de son client qui a plusieurs fois été violemment agressé en prison par des codétenus. Il demande l'acquittement au bénéfice du doute de son client et sa libération immédiate.

Ce dernier a résumé l'affaire ainsi: «Deux personnes adultes. On boit des verres. On se regarde à la sortie de l'établissement. On rentre ensemble. On flirte. Ça se concrétise devant le domicile par une invitation à monter boire un verre. Les deux sont alcoolisés mais savent ce qu'ils font. Une fois que la pulsion de fin de soirée a été atteinte, un malaise s'installe immédiatement. Du regret et de la honte peut-être aussi de part et d'autre vis-à-vis de son conjoint respectif».

Deux versions contradictoires

La procureure Myriam Bourquin a requis le rejet de l'appel tout comme l'avocate de la plaignante. Toutes deux ont insisté sur les examens médicaux auxquels a été soumise la plaignante après les faits, les enregistrements glaçants de son appel au secours à la police et les hurlements entendus par un des voisins la nuit du drame.

Pour rappel, les deux protagonistes s'étaient rencontrés à la sortie d'un club de Nyon qui venait de fermer. Tous deux étaient alcoolisés. L'accusé avait alors proposé de raccompagner la trentenaire chez elle «pour éviter les mauvaises rencontres».

Là, leurs deux versions divergent. L'homme dit avoir été invité dans l'appartement de la jeune femme. Cette dernière affirme qu'elle a été violemment contrainte puis violée brutalement. L'homme avance que sa partenaire d'une nuit l'accuserait car il lui avait annoncé avant de partir que leur relation n'aurait pas de suite.

«Je n'ai jamais agressé qui que ce soit», a affirmé l'accusé avant de repartir entre deux policiers en prison. La cour rendra son arrêt par courrier dans les jours à venir. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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