Votation cantonale: Une aide de 15 millions pour les oubliés du Covid?
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Votation cantonaleUne aide de 15 millions pour les oubliés du Covid?

La population genevoise est appelée à se prononcer, début mars, sur un fonds d’indemnisation pour les travailleurs précarisés.

par
Leila Hussein
Les distributions alimentaires aux Vernets lors de la première vague du Covid ont mis en lumière la précarité d’une partie des habitants de Genève.

Les distributions alimentaires aux Vernets lors de la première vague du Covid ont mis en lumière la précarité d’une partie des habitants de Genève.

AFP

Le 7 mars prochain, le peuple décidera s’il souhaite débloquer 15 millions de francs pour les laissés-pour-compte du coronavirus. La loi sur l’indemnisation pour perte de revenus liée aux mesures de lutte anti-Covid, adoptée en juin dernier par le Grand Conseil, prévoit de compenser 80% de la baisse enregistrée, entre le 17 mars et le 16 mai 2020, à hauteur de 4000 francs par mois maximum. Cette enveloppe rétroactive est destinée à ceux qui n’ont pas pu toucher d’aides financières, tels qu’indépendants, étudiants ou employés sur appel.

Une légalisation du travail au noir?

Les travailleurs sans statut légal sont aussi concernés, ce qui a poussé l’UDC et le MCG à déposer un référendum. «Si on indemnise les sans-papiers, on donne une existence légale au travail au noir, estime le député UDC Stéphane Florey. C’est une légalisation de cette pratique. On ne peut pas accepter ça. D’autant plus que ces personnes ont d’autres possibilités, comme se tourner vers l’Hospice.» Un point de vue soutenu par le PLR. Son président, Bertrand Reich, regrette que la proposition de dénoncer les «patrons voyous» n’ait pas été retenue, car cela «déresponsabilise les employeurs qui n’ont pas assumé leurs obligations. L’État se substitue à eux et leur accorde ainsi une impunité.»

«Il faut avoir un regard humain»

À gauche, on déplore qu’une question légale ait supplanté l’aspect humain du texte. «Les scènes de files d’attente aux distributions alimentaires sont insoutenables pour un pays aussi riche que la Suisse, juge la présidente des Verts, Delphine Klopfenstein Broggini. Il faut avoir un regard humain sur la question. Cette aide, c’est une question d’urgence. Je trouve même scandaleux qu’un référendum ait pu être lancé sur un tel sujet.» Au PDC, Patricia Bidaux dénonce «une instrumentalisation de la loi» et considère «qu’il ne faut pas tout mélanger». Elle rappelle que «70% des bénéficiaires ne rentrent pas dans la catégorie des sans-papiers».

Delphine Klopfenstein Broggini admet toutefois que «la question du travail au noir doit être soulevée, notamment en étendant des opérations comme Papyrus». Un avis partagé par Patricia Bidaux.

Porte ouverte aux abus?

«Il suffit d’une simple déclaration sur l’honneur pour toucher l’argent. Rien n’est vérifiable», relève Stéphane Florey, pour qui des abus sont dès lors possibles. Un risque à prendre, selon Patricia Bidaux. «Il faut remettre la loi dans son contexte, avant le dépôt du référendum. Nous étions au début de la crise. L’impact sur les revenus était énorme. Il fallait agir. C’était une question de survie pour ces personnes.» Presque un an plus tard, le texte a-t-il toujours du sens? «C’est un signal que l’on envoie. Une manière de respecter ces gens qui n’ont pas eu droit aux aides à l’époque.»

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343 commentaires
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Maier Müller

20.02.2021, 23:25

Et dire que lorsque les gardes frontière ont contrôlé des sans-papiers ils ont été violemment critiqués par diverses associations et même par le Conseil d’état. Ces contrôles font pourtant clairement partie de leur Travail.

equanime

20.02.2021, 17:52

S'affichant sous la bannière «Genève autrement!», Yves Nidegger se lance dans la course au Conseil d'Etat genevois le 07 mars 2021 et souhaite mettre un coup de pied dans la fourmilière, venir en renfort d’un gouvernement qu’il juge «particulièrement mauvais» pour reconstruire «Genève en ruine». Il veut être la façon constructive d’exprimer la légitime colère des Genevois. Un seul nom à glisser dans l'urne : Yves Nidegger

Gédéon Teusmany

20.02.2021, 15:04

Celui qui a bossé toute sa vie reçoit au maximum 2390.-- par mois en ayant cotisé pendant toutes les années de travail et les socialos veulent donner à ceux qui n'ont jamais cotisé et jamais travaillé 4000.-- balles par mois ! Le PS se fout de la gueule des contribuables !