Une app pour calculer le potentiel solaire de tous les bâtiments

Publié

Grand GenèveUne app pour calculer le potentiel solaire de tous les bâtiments

Un site interactif simule les gains réalisables en électricité pour chaque construction de la région.

par
Léonard Boissonnas
Ce nouvel outil s’adresse au grand public. Il permet à chacun de faire sa propre estimation du potentiel d’un bâtiment ou d’une maison. 

Ce nouvel outil s’adresse au grand public. Il permet à chacun de faire sa propre estimation du potentiel d’un bâtiment ou d’une maison. 

20min/Matthias Spicher

Connaître en quelques clics la part d’énergie que la toiture d’un immeuble ou d’une villa pourrait produire avec la pose de panneaux solaires dans le territoire du Grand Genève. C’est ce que propose le projet G2-Solaire, porté par l’Hepia (Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève) et l’Université Savoie Mont-Blanc (F), dans le cadre du programme Interreg France-Suisse. 

Alors qu’un cadastre solaire du canton de Genève existait, une nouvelle version, destinée au grand public, a été réalisée. «Nous avons produit un outil plus interactif et plus incitatif, explique Gilles Desthieux, professeur associé à l’Hepia. Il permet de faire sa propre estimation du potentiel d’autoconsommation d’un bâtiment.»

Alerte «patrimoine»

Pour ce faire, il suffit de sélectionner un lieu et cliquer dessus: niveau d’ensoleillement, surface optimale pour la pose de panneaux, production potentielle, coûts, subventions possibles, gains annuels, ou temps de retour sur investissement s’affichent ensuite. Et pour un résultat plus affiné, on peut y introduire des options liées à sa propre consommation: «Par exemple, s’il y a une voiture électrique à charger, ou une pompe à chaleur», illustre le scientifique. Même les contraintes liées à la protection du patrimoine y sont signalées avec l’apparition d’un avertissement.

S’il se trouve déjà des cadastres de ce type, comme celui de SuisseEnergie, l’interface de G2-Solaire est «plus précise», selon l’ingénieur, car elle prend en compte «toutes les aspérités» des surfaces et ne considère pas les toitures comme uniquement plates.

Solaire vaudois sous la loupe

Outre sensibiliser, l’outil sert également à mettre en place des stratégies en termes d’énergie solaire pour les collectivités, les institutions avec des portefeuilles de bâtiments, telles que les caisses de pension, ou les groupements en France voisine qui investissent dans des installations communes. 

En l’état, l’app intègre l’ensemble du Grand Genève, jusqu’à Nyon (VD), mais elle pourrait à l’avenir couvrir tout le territoire vaudois, et notamment les zones montagneuses, indique le spécialiste: «Je viens de livrer au Canton son cadastre solaire, dit-il. A lui de voir s’il veut obtenir la même interface.»

3% de la consommation, jusqu’à 73% possibles  

Le parc solaire existant à Genève produit près de 80 GWh d’énergie électrique par an, soit 3% de la consommation totale du canton dans le domaine (2600 GWh/an). Selon Gilles Desthieux, il serait possible, en équipant toutes les surfaces de toiture bien irradiées du territoire, de produire près de 1900 GWh/an, soit 73% de l’énergie utilisée annuellement: «Nous avons donc une forte marge de progression». Toutefois, «la demande actuelle excède l’offre» et les matériaux de construction pour des panneaux manquent: «Il faut être patient, prévient l’ingénieur. Le solaire ne va donc pas régler la crise cet hiver.»

Ton opinion

70 commentaires