Actualisé 25.11.2019 à 17:34

Canton de Vaud

Une application pour dénoncer le harcèlement

Sifflements, gestes obscènes ou insultes: désormais, il sera possible d'adresser ses signalements à la ville de Lausanne via son site internet ou une application mobile.

Si une rue apparaît souvent comme lieu de harcèlement, il sera peut-être possible d'améliorer l'éclairage.

Si une rue apparaît souvent comme lieu de harcèlement, il sera peut-être possible d'améliorer l'éclairage.

Keystone/Image d'illustration

La ville de Lausanne veut encourager le signalement des cas de harcèlement de rue. Désormais, victimes et témoins pourront directement rapporter ces faits aux autorités, via l'application mobile ou le site de la ville. Un bilan sera tiré après deux ans.

Sifflements au détour d'une rue, gestes obscènes, paroles grossières dans un bus, injures ou attouchements dans un bar ou un autre lieu public: victimes et témoins vont désormais pouvoir adresser leur signalement de manière facilitée aux autorités communales. Sur son site internet, la ville dédie une page web à ce questionnaire.

Une dizaine de questions

Le formulaire en ligne comprend une dizaine de questions: le type d'acte, quand il s'est produit, où (il est possible - mais pas obligatoire - de localiser précisément l'endroit), l'auteur présumé (homme, femme, groupe...). Il peut être rempli anonymement. Si la victime le souhaite, elle peut demander à être recontactée.

Les signalements seront traités par une personne spécialisée, engagée spécialement par l'Observatoire de la sécurité. Au besoin, celle-ci pourra renseigner les victimes sur le droit en vigueur et les orienter vers les partenaires compétents comme le centre LAVI, le centre de consultation sur l'aide aux victimes.

Evaluer le phénomène

Avec ce formulaire en ligne, la ville poursuit plusieurs objectifs: «Il faut que les victimes se rendent compte qu'une injure, c'est du harcèlement. C'est une violation du code pénal et il vaut la peine de porter plainte», explique lundi le municipal Pierre Antoine Hildbrand.

Grâce à cet outil simple, Lausanne espère aussi «mieux évaluer l'ampleur du phénomène». «Actuellement, très peu, trop peu de cas parviennent jusqu'aux autorités. Le phénomène est massif mais il n'y a quasiment pas de signalement», constate le municipal.

Informations précieuses

Grâce à ces signalements, la ville va recueillir des informations précieuses. Quelques exemples: si une rue apparaît souvent comme lieu de harcèlement, il sera peut-être possible d'améliorer l'éclairage. Si des cas surviennent à une heure précise près d'un club, les agents de sécurité, les correspondants de nuit ou les policiers pourraient adapter leurs modules de présence.

L'Observatoire de la sécurité collaborera avec une équipe composée d'agents de la police judiciaire, de police secours, de la police de proximité ainsi que des correspondants de nuit. Ce réseau permettra de traiter les cas relevant du code pénal. Mais pour toute urgence, il faut continuer à appeler le 117, avertit la ville.

L'expérience sera suivie par un groupe d'experts, puis évaluée après deux ans par un organisme externe. En parallèle, la sensibilisation des policiers et des correspondants de nuit au phénomène du harcèlement de rue a débuté cette année. A l'automne 2020, la municipalité proposera un plan d'action pour lutter contre les discriminations visant les personnes LGBTIQ, particulièrement exposées au harcèlement de rue. (nxp/ats)

(NewsXpress)
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