Actualisé 13.07.2007 à 11:16

Une armée moderne a besoin de spécialistes de la haute montagne

L'armée a besoin de soldats qui savent se déplacer en haute montagne, même si une éventuelle guerre en Suisse ne saurait avoir lieu sur les crêtes.

Le commandant des troupes spécialisées de montagne Andreas Bardill l'affirme vendredi au lendemain du drame de la Jungfrau.

Chaque armée travaille par principe sur des terrains d'exercice difficiles: «Les Israéliens dans le désert, les Allemands dans l'Arctique et nous dans les Alpes», a déclaré l'officier dans des interviews accordées à la presse suisse. Pour s'exercer dans les conditions d'une situation de crise, il faut un environnement hostile, selon lui.

«Nos soldats doivent pouvoir se déplacer dans les Alpes dans n'importe quelle situation menaçante», ajoute le commandant Bardill.

Troupe de service pour l'aviation

Il existe en haute montagne d'importantes installations des Forces aériennes et des télécommunications, jusqu'aux sommets des «4000». Les spécialistes de montagne entourent les troupes qui exploitent ces appareils, précise M. Bardill.

Ils doivent donc également pouvoir être opérationnels dans les conditions les plus difficiles. «Nos soldats doivent avoir une longueur d'avance en matière technique sur les soldats de base», insiste-t-il.

Ces militaires spécialisés ne vont en revanche «en aucun cas» au- delà de leurs limites. «Nous évaluons les dangers et les risques de la même manière que le font les alpinistes amateurs», souligne le commandant. «Nos règles ne sont pas différentes de celles des guides ou du Club alpin suisse.»

N'importe quel groupe

M. Bardill n'entend pas minimiser l'accident tragique de la Jungfrau, dit-il, mais «d'autres événements comparables se sont déjà produits». Et de rappeler que lors de la Première guerre mondiale, des compagnies entières ont été englouties sous la neige.

Pour être formé comme spécialiste de montagne, les candidats doivent présenter une grande connaissance de l'alpinisme, affirme M. Bardill. Nombre de personnes expérimentées comme des guides de montagne ou des patrouilleurs de pistes figurent parmi les aspirants.

«Une chose pareille ne devrait en fait pas arriver», commente l'officier au sujet du décès des six militaires. Mais un tel drame peut en principe frapper n'importe quel groupe qui se déplace en haute montagne. «Cette fois-ci, il s'agissait d'un groupe appartenant à l'armée.» (ats)

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