Français interpellé en Ukraine: Une arrestation truffée de zones d'ombre
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Français interpellé en UkraineUne arrestation truffée de zones d'ombre

Paris a adressé une demande d'entraide judiciaire internationale à l'Ukraine au sujet du Français arrêté à la frontière ukraino-polonaise.

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06.06 Le jeune homme a, selon les services secrets ukrainiens (SBU), fait part aux enquêteurs ukrainiens de son opposition à la politique migratoire de la France, à «la diffusion de l'islam» et à «la mondialisation» et aurait voulu viser une mosquée, une synagogue et des centres d'impôts en France.

06.06 Le jeune homme a, selon les services secrets ukrainiens (SBU), fait part aux enquêteurs ukrainiens de son opposition à la politique migratoire de la France, à «la diffusion de l'islam» et à «la mondialisation» et aurait voulu viser une mosquée, une synagogue et des centres d'impôts en France.

epa/Security Service of Ukraine/handout
Une enquête a été ouverte en France sur cet homme, inconnu des services de police français. Une perquisition a été menée à son domicile dans l'est du pays, mais elle n'a «rien révélé» hormis un T-shirt portant le sigle d'un groupe d'extrême droite, selon une source policière.

Une enquête a été ouverte en France sur cet homme, inconnu des services de police français. Une perquisition a été menée à son domicile dans l'est du pays, mais elle n'a «rien révélé» hormis un T-shirt portant le sigle d'un groupe d'extrême droite, selon une source policière.

epa/Roman Pilipey
Les enquêteurs français n'ont «rien pour confirmer ou infirmer une éventuelle piste terroriste» et vont demander «des compléments d'information» aux Ukrainiens, a précisé cette source.

Les enquêteurs français n'ont «rien pour confirmer ou infirmer une éventuelle piste terroriste» et vont demander «des compléments d'information» aux Ukrainiens, a précisé cette source.

epa/Roman Pilipey

Le jeune homme est soupçonné d'avoir projeté une série d'attentats en France au moment de l'Euro 2016 de football.

Les services ukrainiens n'ont pas encore répondu «mais cela ne devrait pas tarder», a déclaré à Reuters le procureur de la République de Nancy, Thomas Pison. Prié de dire si Paris envisageait une demande d'extradition, le magistrat a répondu : «On n'en est pas encore là».

Les enquêteurs français voudraient notamment prendre connaissance des déclarations du jeune de 25 ans qui, selon le chef des services de sécurité ukrainiens (SBU), Vasyl Hrytsak, a évoqué le projet d'une quinzaine d'attentats d'inspiration extrémiste de droite.

Selon les services secrets ukrainiens, il prévoyait de cibler une mosquée, une synagogue et des centres d'impôts pour montrer son opposition à la politique migratoire de la France, à «la diffusion de l'islam» et à «la mondialisation».

Nombreuses questions

Ces services n'indiquent pas comment un homme seul et sans réseau pourrait perpétrer un nombre aussi important d'attentats. Ni comment un ouvrier agricole de 25 ans peut financer un achat qui se chiffre au bas mot en dizaines de milliers d'euros. Autre point qui intrigue les officiels français: l'arsenal, désactivé, a été fourni par les autorités ukrainiennes elles-mêmes afin de piéger le suspect.

Le jeune homme est inconnu des services français et la justice française privilégie pour l'instant un trafic d'armes, raison pour laquelle elle a ouvert une information judiciaire pour ce chef à Nancy, a souligné Thomas Pison.

Le ministère français de l'Intérieur se montre également prudent, selon une source proche du dossier. Celle-ci souligne le contexte diplomatique particulier. L'UE peut décider prochainement de lever ses sanctions contre la Russie. Or, Kiev a tout intérêt à faire valoir son importance dans la lutte antiterroriste.

Impressionnant arsenal

L'arrestation du Français a eu lieu le 21 mai à la frontière polonaise. Repéré en décembre en Ukraine, il a été interpellé après six mois d'enquête en possession de 125 kg de TNT, deux lance-roquettes antichar, cinq fusils d'assaut Kalachnikov et plus de 5000 munitions, selon les services ukrainiens.

Sa capture a été entièrement filmée par les services de sécurité ukrainiens. Les images, diffusées lundi, sont spectaculaires. Certains observateurs s'interrogent sur cette arrestation, filmée de A à Z, qui ressemble pour eux à une mise en scène.

La décision de diffuser lundi cette vidéo, alors que l'arrestation remonte à plus de deux semaines, a aussi soulevé de nombreuses questions. Pour leur défense, les autorités ukrainiennes affirment que leur intention était d'attendre la fin de l'Euro 2016 mais que les fuites dans la presse française les ont obligés à rendre l'affaire publique.

Aucun élément probant

Après son arrestation, une perquisition menée le 27 mai à son domicile de Nant-le-Petit (Meuse) n'a pas permis de trouver d'éléments probants confortant la piste terroriste.

Les enquêteurs ont trouvé plusieurs substances pouvant entrer dans la composition d'explosifs artisanaux, mais le jeune homme présenté dans la région comme sans histoire est un fils d'agriculteur et travaille dans l'élevage, où des engrais, qui peuvent servir à fabriquer des explosifs, sont utilisés.

Extrême-droite

Un T-shirt à l'effigie du groupe d'extrême-droite «Renouveau français» a été également découvert, selon une source policière. Mais le mouvement nationaliste et identitaire, qui revendique quelques centaines de membres, affirme que le suspect n'a été ni membre, ni sympathisant connu du Renouveau français.

«Nous ne connaissons pas ce jeune homme, nous n'en avons jamais entendu parler. Nous n'avons rien à nous reprocher et nous n'avons aucune crainte», a dit son directeur Thibault de Chassey. Selon lui, il est facile de se procurer des T-shirts dans la boutique en ligne du mouvement ou sur des stands lors de rencontres et manifestations.

(nxp/ats)

(NewsXpress)

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