Suppression du français: «Une atteinte à la cohésion nationale»
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Suppression du français«Une atteinte à la cohésion nationale»

La ministre genevoise de l'Instruction publique Anne Emery-Torracinta voit dans la décision de cantons alémaniques de supprimer l'apprentissage du français à l'école primaire une atteinte à la cohésion nationale.

La conseillère d'Etat, Anne Emery-Torracinta.

La conseillère d'Etat, Anne Emery-Torracinta.

Elle dit toutefois comprendre l'argument quant à la surcharge des élèves.

«C'est d'ailleurs une de mes inquiétudes à propos de l'anglais que l'on vient d'introduire» en primaire à Genève, où de nombreux élèves n'ont pas le français comme langue maternelle, déclare Mme Emery-Torracinta dans une interview diffusée vendredi par «Le Courrier». Mais elle ne comprend pas pourquoi «c'est le français que certains cantons suppriment plutôt que l'anglais».

L'enseignement précoce de deux langues étrangères découle de l'harmonisation scolaire HarmoS, relève-t-elle. Revenir sur cet engagement «ne serait pas correct».

Des règles du jeu

La conseillère d'Etat socialiste rappelle qu'il y a des règles du jeu. «Nous les respectons, mais d'autres font ce qu'ils veulent dans leur coin», s'insurge-t-elle.

En août, le Parlement thurgovien et le gouvernement nidwaldien ont décidé de supprimer l'enseignement du français à l'école primaire. Dans les Grisons et à Lucerne, une initiative populaire visant à supprimer l'enseignement d'une des langues étrangères à l'école primaire, a abouti.

Le Parlement schaffhousois a, lui, approuvé un postulat demandant au gouvernement d'exiger une adaptation du concordat HarmoS, afin de supprimer l'obligation d'enseigner deux langues étrangères à l'école primaire.

Dans les cantons alémaniques non limitrophes de l'espace francophone, le français est actuellement enseigné dès la 5e, contrairement aux cantons limitrophes qui l'enseignent dès la 3e. (ats)

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