Une avalanche sur le K-2 tue onze alpinistes
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Une avalanche sur le K-2 tue onze alpinistes

11 alpinistes, dont un français, sont présumés morts et plusieurs autres sont portés disparus, lundi, après une avalanche sur le K-2 situé sur la chaîne de l'Himalaya.

Le ministère pakistanais du Tourisme a publié une liste de onze alpinistes présumés morts: trois Sud-Coréens, deux Népalais, deux Pakistanais ainsi qu'un Français, un Irlandais, un Serbe et un Norvégien.

Lundi, un hélicoptère a pu secourir deux alpinistes néerlandais et les hélitreuiller du camp de base à 5.000m vers un hôpital militaire de Skardu, la ville la plus proche. Wilco Van Rooijen et Cas Van de Gevel souffrent de gelures, selon le porte-parole de l'armée pakistanaise, le commandant Farooq Firoz. Un troisième alpiniste, l'Italien Marco Confortola, souffre également de gelures et tentait de descendre par ses propres moyens. La mauvaise météo a empêché lundi son hélitreuillage et une nouvelle tentative devait avoir lieu mardi, a précisé le ministère du Tourisme.

Au total 22 alpinistes, des étrangers pour la plupart et membres de huit expéditions différentes, ont atteint le sommet du K-2 samedi. Ils ont été pris dans une avalanche de glace pendant leur descente, à environ 350m sous le sommet. Un des rescapés, Wilco Van Rooijen, a mis en cause une mauvaise préparation de l'ascension.

«Tout allait bien au Camp 4 et durant la tentative d'ascension du sommet, tout a été de travers», a-t-il témoigné au cours d'un entretien téléphonique à l'Associated Press. Après avoir attendu durant tout le mois de juillet une amélioration des conditions météo, l'ascension a été tentée vendredi vers le sommet de 8.610m. Les alpinistes ont dû emprunter un passage particulièrement dangereux, surnommé le «bottleneck» («goulot de bouteille»).

«Nous étions stupéfaits. Nous devions passer. Bien évidemment, cela a pris des heures et des heures. Certains ont fait demi-tour parce qu'ils n'avaient plus confiance», a commenté le Néerlandais de 40 ans. Ceux qui ont continué ont atteint le sommet peu le sommet peu avant la tombée de la nuit. Puis, lors de la descente, un énorme serac, une colonne de glace, est tombé. Un grimpeur norvégien et deux sherpas népalais ont été emportés, ajoute M. Van Rooijen. Après l'avalanche, dit-il, les conditions météo ont empiré, réduisant la visibilité à zéro. L'alpiniste a réussi cependant à redescendre.

Le K-2 culmine à environ 240 mètres de moins que l'Everest, mais il est généralement considéré comme un sommet plus dangereux à escalader, notamment en raison de sa forte déclivité et des conditions météorlogiques très instables.

Alan Arnett, qui a escaladé un sommet à proximité du K2 avec l'un des grimpeurs disparus, a déclaré que le K2 est «plus technique et raide, la météo plus difficile que pour l'Everest».

Cet accident est un des plus meurtriers de l'histoire de l'alpinisme. Quelque 280 personnes ont gravi le sommet du K-2 depuis sa conquête en 1954 par les Italiens Achille Compagnoni et Lino Lacedell. Des dizaines de morts ont été enregistrées depuis 1939, la plupart survenant au cours de la descente. Cette vallée du nord du Pakistan abrite cinq des 14 plus hauts sommets du monde.

Un Italien est mort le mois dernier après être tombé dans une crevasse, alors qu'il tentait l'ascention d'un sommet voisin, le Nanga Parbat. Ses deux compagnons avaient été secourus par hélicoptère après avoir réussi à descendre une partie du trajet. AP

ma-ll/v0301 (ap)

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