Actualisé 14.08.2017 à 07:14

AustralieUne banque soupçonnée de financer le terrorisme

La plus grande banque australienne est soupçonnée de violations des lois contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Son président part.

Ian Narev était à la tête de la banque australienne depuis 2011.

Ian Narev était à la tête de la banque australienne depuis 2011.

Keystone

Le directeur général de la Commonwealth Bank, la plus grande banque australienne, va démissionner, a annoncé lundi l'établissement. La banque est soupçonnée de violations des lois contre le blanchiment et le financement du terrorisme.

Le directeur exécutif, Ian Narev, «quittera ses fonctions d'ici la fin de l'année fiscale 2018», a déclaré dans un communiqué la présidente de la Commonwealth Bank, Catherine Livingstone.

Les appels à la démission de M. Narev se sont multipliés la semaine dernière, après que le service du renseignement financier Austrac a ouvert une enquête contre la banque, accusée d'avoir omis de lui fournir des rapports sur plus de 53'000 cas de transactions en liquide de plus de 10'000 dollars australiens (environ 7500 francs) chacune, réalisées dans des automates.

Le total de ces transactions, réalisées entre novembre 2012 et septembre 2015, atteindrait 624,7 millions de dollars australiens.

Le directeur général de la Commonwealth Bank, âgé de 50 ans, avait dans un premier temps assuré qu'il se maintiendrait à son poste, mais la présidente a expliqué lundi que la banque voulait mettre fin aux spéculations concernant son avenir. Le communiqué «fournit cette clarté et lui permettra de se concentrer, en tant que PDG, sur une gestion fructueuse des activités» de la banque d'ici son départ, a assuré Catherine Livingstone.

D'autres soucis

M. Narev était devenu en décembre 2011 le directeur général de la Commonwealth, qu'il avait rejointe en 2007.

La Commonwealth Bank est dans le viseur du service du renseignement Austrac, mais aussi du régulateur des entreprises australien, la Commission des valeurs et investissements (Asic). Cette dernière a ouvert une enquête pour savoir si la banque a respecté ses obligations de divulgation et le droit des entreprises.

L'établissement bancaire est aussi accusé de ne pas avoir signalé en temps et en heure, voire pas du tout, des transactions financières douteuses pour 77 millions de dollars australiens. Elle n'a pas mis en place de surveillance de certains clients même après avoir été alertée de la possibilité de blanchiment, selon Austrac.

Chaque violation pourrait valoir à la banque une amende de 18 millions de dollars australiens si bien que la facture finale pourrait être colossale. La Commonwealth a publié début août un bénéfice net annuel record, de 9,93 milliards de dollars australiens (6,7 milliards d'euros), pendant son exercice fiscal décalé achevé le 30 juin. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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