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ArnaqueUne boîte suisse a piégé de crédules Américains

Une société basée à Saint-Gall promettait santé et richesse à des clients vulnérables. La justice américaine l'a épinglée fin septembre pour avoir escroqué plus de 50 millions de dollars.

par
dmz

L'entreprise BDK mailing GmBH, enregistrée en Suisse orientale, avait développé un business bien rôdé et rentable: l'arnaque postale. Le 22 septembre dernier, son petit manège a été rendu public par la justice américaine. Active partout sur la planète, elle était parvenue à extorquer entre 50 et 60 millions de dollars (entre 48,8 et 58,5 millions de francs) rien qu'aux Etats-Unis depuis 2005, révèle jeudi «L'Hebdo».

Le truc était simple: des courriers envoyés sous les noms de devins, gourous ou autres marabouts promettaient santé, fortune et bonheur en échange de dizaines de milliers de dollars. Le magazine évoque, entre autres, des talismans magiques ou de fers à cheval «cosmologiques».

Derrière tout cela, un individu aujourd'hui décédé: un homme d'affaire allemand qui a vécu en Suisse pendant de nombreuses années. «L'Hebdo» rappelle qu'il avait déjà été sous le feu des projecteurs il y a vingt ans, en organisant un «jeu de l'avion». En 2003, il avait été mis devant ses responsabilités par le magazine de consommateurs alémaniques «Saldo», pour «des campagnes postales qui promettaient des gains mirobolants. Pour espérer les toucher, les naïfs devaient commander de la vaisselle et des sacs de pâtes à des prix surfaits», écrit l'hebdomadaire. L'homme avait déclaré n'avoir «aucun problème de conscience».

Une affaire de famille

La mort du patron n'a de loin pas fait couler le navire. Selon les enquêteurs américains, le business a été repris par sa femme et ses belles-filles. Lorsqu'en 2014, la Federal Trade Commission a commencé à poser des questions sur leurs activités, ces dernières ont d'abord revu leur système de distribution. Puis, quand la poste américaine a saisi plus de 270'000 lettres, elles ont décidé de passer par la poste suisse, via Singapour.

Pour le moment, la plainte civile des autorités américaines se limite à demander que BDK mailing n'ait plus le droit d'utiliser les services postaux américains. Elle souhaite aussi saisir l'argent d'une société basée au Canada, qui encaissait les versements des victimes. Mais une suite pénale n'est pas exclue.

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