Actualisé 29.09.2011 à 06:01

Mondial de rugby

Une bouffée d'oxygène pour le tourisme

Crise financière et catastrophes naturelles avaient plombé le tourisme. Mais le Mondial de rugby a inversé la tendance.

La Coupe du monde de rugby, avec ses 95.000 supporteurs étrangers attendus, est une bouffée d'oxygène pour le tourisme néo-zélandais, première source de devises de ce petit pays de 4 millions d'habitants, qui a subi plusieurs coups durs ces derniers mois.

Le secteur a été confronté à la crise financière internationale qui décourage les Américains et Européens de faire le long voyage jusqu'en Nouvelle-Zélande, aux deux séismes destructeurs à Christchurch, en septembre et février (181 morts) et à l'éruption du volcan Puyehue au Chili, à l'origine de fortes perturbations dans le trafic aérien en juin.

«En plus, l'appréciation du dollar néo-zélandais par rapport à l'euro et au dollar américain n'aide pas», précise Kevin Bowler, directeur général de l'organisme gouvernemental Tourism New Zealand.

Malgré l'explosion du nombre de touristes chinois et malaisiens, le nombre de visiteurs étrangers a donc baissé de 0,5% sur les 12 derniers mois, d'après les dernières statistiques publiées fin août, juste avant la Coupe du monde.

Dans ces conditions, «le Mondial est vraiment une bonne nouvelle pour la Nouvelle-Zélande et le tourisme», «première industrie du pays devant l'industrie laitière» avec une contribution de 3,8% au PIB et de plus de 18% aux exportations en 2009-2010, souligne Bowler.

Tourism New Zealand a lancé dès 2007 une campagne de promotion pour le Mondial avec pour emblème un ballon de rugby géant qui a voyagé à Paris, Londres, Tokyo ou Sydney.

Certains fuient les grands événements

Des «ambassadeurs» comme l'ancien troisième ligne sud-africain Bobby Skinstad et des publicités en Australie et Afrique du Sud ont aussi vanté la diversité des paysages à couper le souffle de ce pays de montagnes, de plages et de forêts, où fut tourné la trilogie du «Seigneur des Anneaux».

Résultat, le nombre de visiteurs étrangers attendu pour le Mondial a dépassé les 85.000 prévus pour atteindre 95.000, soit près de 4% du total accueilli au cours des douze derniers mois (2,5 millions).

«Mais il faut tenir compte du fait que les grands événements font fuir certains visiteurs qui vont éviter cette période, donc nous n'aurons pas un solde positif de 95.000 en fin d'année, peut-être de la moitié,» tempère Bowler.

L'impact est cependant réel. Lors des dix premiers jours du Mondial, les dépenses réglées en cartes de crédit étrangères ont bondi de 32,5% par rapport à la même période de l'année précédente, selon Paymark, premier fournisseur de paiements électroniques du pays. Principaux bénéficiaires: la location de voitures ( 32,5%) et les bars/restaurants ( 10,3%).

Argentins et Français

Les professionnels se félicitent aussi de la variété des nationalités représentées, avec notamment un afflux inhabituel d'Argentins et de Français.

«Tous les ans, il y a environ 10.000 touristes français qui viennent en Nouvelle-Zélande et pour la Coupe du monde on en escompte au moins 10.000 à 11.000, donc cela représente un doublement des flux cette année», souligne l'ambassadeur de France en Nouvelle-Zélande, Francis Etienne.

Pour le pays au Long nuage blanc, qui table sur une croissance moyenne de 2,8% de son tourisme d'ici à 2016, l'enjeu est de fidéliser ces nouveaux visiteurs.

«Nous espérons que les personnes venues simplement pour le rugby voudront revenir avec leurs familles pour visiter le pays», explique Bowler. (afp)

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