Actualisé 14.10.2019 à 08:46

EPFLUne cafétéria entièrement végétarienne d'ici à 2022

Les militants pour le climat critiquent la direction de l'école, qui manquerait de volonté pour être plus durable.

de
Yannick Weber
Keystone/Jean-Christophe Bott

«Langue de bois», «mesures de façade», «largement à la traîne». L'EPFL en a pris pour son grade dans un communiqué cosigné par l'Association Unipoly et la Grève du Climat, au lendemain d'une rencontre qui s'est tenue jeudi soir entre étudiants et direction pour parler de durabilité sur le campus. «Nous sommes impressionnés par ce qui se fait à l'Unil et à l'EPFZ, par exemple. Mais à l'EPFL, ça n'a pas l'air de percuter», résume Paul Castelain, président d'Unipoly. Il regrette un manque de volonté et une réaction trop lente face aux défis posés par les changements climatiques.

Premier point mentionné par les étudiants: l'alimentation sur le campus. «Malgré la promesse de la mise en place d'une cafétéria exclusivement végétarienne, la seule mesure concrète planifiée pour l'année à venir est l'instauration d'une journée sans viande. Cela donne le ton quant à l'envergure des changements envisagés par l'école», lit-on dans le communiqué.

Végétarien puis végane

Et pourtant, Corinne Feuz, porte-parole de l'EPFL, confirme qu'un restaurant végétarien va bien voir le jour. «Pour être précis, il sera ovo-lacto-végétarien, et est prévu pour 2022. Dans un deuxième temps, une offre quotidienne végane est également planifiée. Le but est d'offrir plus, et meilleur, l'accent sera mis sur la proximité en favorisant les circuits courts», annonce-t-elle.

De quoi réjouir un peu les étudiants. «C'est une bonne nouvelle. Quand on nous a annoncé cette journée sans viande jeudi soir, on se disait bien que ce n'était pas ainsi qu'on allait beaucoup avancer», souffle Paul Castelain. Les changements se feront progressivement, après l'arrivée cet été d'un nouveau responsable des cafétérias et commerces.

Moins prendre l'avion

Les étudiants dénoncent aussi une absence de politique concernant les voyages en avion à visée scientifique. L'EPFL a calculé son empreinte carbone de manière détaillée et a conclu que les voyages en avion en étaient responsables pour 33%. «Nous avons lancé le programme Travel less without loss et une réflexion dans la faculté des Sciences de la vie sur les voyages en avion», conteste Corinne Feuz, porte-parole de l'EPFL. Les collaborateurs sont invités à utiliser des moyens de transport alternatifs quand c'est possible, et à songer plus souvent au recours à la vidéoconférence. Pas encore suffisant, pour Unipoly. «On y réfléchit dans une seule faculté sur cinq...», dit Paul Castelain.

Vers la neutralité

L'EPFL se targue pourtant de vouloir atteindre rapidement la neutralité carbone. En 2018, les émissions ont été d'environ 28'000 tonnes de CO2. Pour une grande partie, elles viennent de la mobilité et de l'alimentation. Les voyages en avion doivent se faire plus rares et des mesures ont été prises pour favoriser la mobilité douce dans le trafic pendulaire. L'électricité vient à 100% de sources renouvelables. Est prévu également le plus grand parc solaire urbain de Suisse. «On sent que ces questions arrivent, mais tout se fait très doucement», relativise Paul Castelain.

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