Lausanne: Une campagne pour ne pas laisser seul un pote bourré
Publié

LausanneUne campagne pour ne pas laisser seul un pote bourré

Médecins et ambulanciers s'associent à la Ville pour encourager les ados à être solidaires pendant, mais aussi après la fête.

par
Frédéric Nejad Toulami

«Pote bourré = pote en danger.» C'est avec ce slogan incisif que la nouvelle campagne de prévention du Service communal de la jeunesse ainsi que celui de la santé et de la prévention va débuter dès le jeudi 23 mai. Sur les réseaux sociaux, dans les bus et sur des flyers envoyés aussi à tous les parents d'adolescents, soit 7'000 foyers.

Le message central, adressé notamment aux 13-18 ans? Quand vous sortez faire la fête à plusieurs et si vous consommez beaucoup d'alcool, ne laissez pas en rade un copain ou une copine qui vous semble bourré(e). «Soyez solidaires entre vous, que ce soit avant, pendant ou après la fête», insistent les conseillers municipaux Oscar Tosato et Marc Vuilleumier. Celui-ci précise: «Il ne s'agit pas de stigmatiser ceux qui boivent à l'excès. Mais nous souhaitons que ceux qui les accompagnent ne les abandonnent pas seuls dans la rue. Ou appellent une ambulance dans le seul but de se débarrasser de lui ou d'elle afin de continuer à faire la fête et de picoler.» Une triste réalité que des ambulanciers ont racontée à la cheffe du Service de la jeunesse et des loisirs, Estelle Papaux.

Un clip (voir ci-dessus) destiné à être viral sur les réseaux a aussi été conçu: il décrit un échange de messages via smartphone entre deux potes qui en ont laissé tomber un troisième dans un sale état, par terre... Deux soirées «chat», sur le site web d'info et de prévention Ciao, sont prévues les 6 et 7 mai, ainsi qu'un spectacle sur ce thème, joué par des jeunes le 10 mai à 17 h au D! Club.

Un adolescent sur quatre a déjà été ivre

«A 15 ans, 8% des adolescents en Suisse consomment régulièrement de l'alcool, a rappelé hier Oscar Tosato. Un ado sur quatre a déjà été ivre au moins une fois: il est temps de faire appel à leur sens de la camaraderie.» Le membre de l'Exécutif lausannois en appelle aussi à la responsabilité des parents. Et le professeur Jean-Bernard Daep­pen, médecin au CHUV, précise que parmi ces ados bourrés secourus par les ambulances, un sur deux conservera dans une dizaine d'années un problème récurrent lié à l'alcool.«Les mesures restrictives pour accéder à l'alcool sont impopulaires mais très efficaces», souligne Jean-Bernard Daeppen.

Ton opinion