Genève - Une carte pour éclaircir la zone grise entre les policiers et les citoyens
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GenèveUne carte pour éclaircir la zone grise entre les policiers et les citoyens

L’organe de médiation de la police propose une carte des droits et devoirs des agents et du public pour apaiser les tensions.

par
Maria Pineiro
Les contrôles d’identité peuvent susciter des interrogations de la part des personnes concernées.

Les contrôles d’identité peuvent susciter des interrogations de la part des personnes concernées.

Police cantonale genevoise

Pourquoi on contrôle mon identité en pleine rue? Puis-je appeler un avocat en cellule de dégrisement? Ces questions, que les personnes concernées peuvent se poser lors d’interventions d’agents de police, ne trouvent pas toujours de réponse sur le moment. Un manque qui peut frustrer ou énerver. Et donc, susciter des tensions. Pour y remédier, l’Organe de médiation de la police (OMP) a proposé en 2018 à l’état-major de la police d’introduire une carte des droits.

Améliorer la compréhension

«L’OMP a notamment pour but d’améliorer la compréhension du travail des forces de l’ordre par les citoyens. La carte des droits s’inscrit parfaitement dans cet objectif, puisqu’elle vise à permettre à la personne interpellée de connaître ses droits et devoirs et ceux de l’agent», explique Nathalie Le Thanh, la médiatrice. La proposition est aujourd’hui étudiée dans le cadre de la refonte du code de déontologie de la police cantonale. «Les personnes auditionnées sont automatiquement informées de leurs droits, ce n’est pas le cas lors de simples contrôles d’identité, par exemple, détaille Silvain Guillaume-Gentil, porte-parole des forces de l’ordre. Une carte pourrait fournir les explications utiles afin de diminuer le niveau d’incompréhension vécu.» En somme, éclaircir une zone grise.

Collaborations

À Berne et à Bâle, la police est attentive à ces questions. À Bâle, les forces de l’ordre, en collaboration avec l’association Migrants help Migrants, ont produit un document au format carte de crédit qui permet aux personnes concernées d’avoir des conseils sous la main, comme rester calme et répondre aux questions. Mais il est également indiqué que l’agent doit expliquer les raisons du contrôle ou fournir son identifiant, s’il est demandé. À Berne, c’est un flyer qui est à disposition autour de ces mêmes questions.

Policiers dubitatifs

Au syndicat des gendarmes, l’accueil est tiède. «Je ne vois ni quelles informations pourraient y figurer ni l’utilité de les fournir», réagit Marc Baudat, président. Pour lui, ces données sont aisément accessibles sur internet et «nul n’est censé ignorer la loi». 

«Bodycams» testées

Les forces de l’ordre vaudoises et lausannoises testent les caméras corporelles depuis 2019. En janvier, un premier bilan a été tiré par l’Université de Lausanne. Et il est positif. Selon l’étude, les «bodycams» contribuent à faire baisser la tension en favorisant l’apaisement et la désescalade, tant sur le plan verbal que physique. À Genève, «il n’y a pas pour l’heure de planification précise de phase pilote, mais nous suivons d’un œil attentif ce qui se fait dans d’autres cantons», rapporte Silvain Guillaume-Gentil.

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