Nucléaire : Une chaîne humaine autour de Fessenheim
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Nucléaire Une chaîne humaine autour de Fessenheim

La doyenne des centrales nucléaires françaises a du souci à se faire. Des milliers de personnes ont manifesté dimanche pour sa fermeture.

Plusieurs milliers de manifestants ont formé dimanche une chaîne humaine devant la centrale de Fessenheim (Alsace) pour demander la fermeture de la doyenne du parc nucléaire français. Cette action était organisée par un collectif d'associations françaises, suisses et allemandes.

La chaîne humaine s'est étirée sur quatre à cinq kilomètres. Elle a rassemblé environ 5000 à 7000 personnes, dont une majorité d'Allemands, selon les organisateurs. Les manifestants se sont aussi couchés sur le sol pour simuler les effets d'un accident nucléaire en Alsace.

«On veut montrer que la chaîne de la vie est plus forte que la chaîne de la fission», a dit à Reuters Gilles Barthes, du Comité de sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin.

Energie d'un autre âge

L'idée de ce rassemblement était de «rappeler la dangerosité du nucléaire», a de son côté déclaré à l'ats le Suisse Philippe Bovet, président de l'association NWA Basel. «Le nucléaire est une énergie d'un autre âge, avec un très mauvais rendement», a-t-il argumenté.

«On peut aujourd'hui fonctionner avec d'autres formes d'énergies, des énergies renouvelables, dont certaines ont un excellent rendement», a-t-il ajouté.

Plusieurs caravanes de vélos, au départ de Bâle, Colmar ou Mulhouse, entre autres, ont rejoint le site de la manifestation. Selon M. Bovet, 53 cyclistes ont notamment pris la route depuis la cité rhénane.

Décision attendue sur Fessenheim

Cette protestation était organisée à quelques jours de l'avis que doit rendre l'Autorité française de sûreté nucléaire (ASN) quant à la poursuite de activité pour dix années de plus du réacteur numéro 1 de la centrale, en service depuis 1977. L'ASN a déjà à plusieurs reprises laissé entendre que cet avis serait positif sous réserve de certains investissements à réaliser sur le site.

La ministre de l'environnement Nathalie Kosciusko-Morizet a toutefois annoncé vendredi que le gouvernement attendrait le résultat des tests de résistance, décidés après la catastrophe de Fukushima, pour prendre sa décision.

Les opposants au maintien en activité de la centrale alsacienne mettent en avant des points communs entre sa situation et celle de la centrale japonaise. Ils rappellent que la centrale de Fessenheim est construite au bord du Rhin, sur une zone sismique attestée. Ils pointent du doigt les risques d'inondation en cas de rupture des digues du Rhin canalisé ou d'un barrage en amont de la centrale. (ats)

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