17.09.2020 à 07:54

ReconnaissanceUne charte pour protéger les travailleurs de santé

L’OMS veut que les personnes œuvrant dans le domaine de la santé, qui ont été les plus touchées par le coronavirus, soient mieux protégées.

Personne n’est en sécurité «tant que les travailleurs de santé ne sont pas en sécurité», a affirmé Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Personne n’est en sécurité «tant que les travailleurs de santé ne sont pas en sécurité», a affirmé Tedros Adhanom Ghebreyesus.

KEYSTONE

La pandémie a montré le besoin de protéger les travailleurs de santé. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé jeudi à Genève une charte pour les gouvernements et les autorités locales de santé pour garantir à ceux-ci les meilleures conditions possibles.

Personne n’est en sécurité «tant que les travailleurs de santé ne sont pas en sécurité», a affirmé le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus à l’occasion de la Journée internationale de la sécurité des patients. Selon lui, la charte doit notamment alerter sur les salaires de ces personnes.

Elle demande aux responsables de les protéger de toute violence, d’améliorer leur santé mentale face aux crises auxquelles ces acteurs sont confrontés ou encore de les protéger des dangers physiques. «Nous ne devons pas choisir entre travail et santé», a fait remarquer de son côté le directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT) Guy Ryder.

Personnel stigmatisé

Des programmes nationaux pour la sécurité des travailleurs de santé et un lien avec celle des patients doivent être établis. «Chaque seconde», un patient fait face à l’impact d’un manque de sécurité alors qu’il est hospitalisé, a dit à la presse Tedros Adhanom Ghebreyesus. Soit un sur dix au total.

Chaque minute, cinq décès pourraient être évités, davantage que la combinaison de certaines maladies. Dans le cadre du Covid, ceux-ci s’élèveraient à 45’000 parce que la sécurité requise pour les travailleurs de santé n’est pas garantie, affirme également l'ancien ministre britannique de la santé Jeremy Hunt en extrapolant des indications de son pays.

Selon les données de l’OMS sur un certain nombre de pays, le taux d’infection parmi les travailleurs de santé est bien plus important que celui du reste des citoyens. Si ceux-ci constituent moins de 3% de la population dans la plupart d’entre eux, ils rassemblent aussi environ 15% de cas de coronavirus, là où ils oeuvrent mais aussi là où ils habitent.

Des milliers d’entre eux sont décédés. Outre le danger de la contamination, ces personnes font face à d’importantes charges de travail et parfois à des stigmatisations de certains individus, en augmentation. Elles redoutent aussi de contaminer leurs patients, a insisté Jeremy Hunt.

«Il y a une responsabilité des gouvernements» dans la protection des travailleurs de santé mais tous les acteurs doivent réfléchir à comment améliorer cette situation, a ajouté de son côté Guy Ryder. L’OMS a elle à nouveau appelé les dirigeants à dire ce qu’ils savent sur le Covid aux populations en s’appuyant sur les indications scientifiques.

Les dirigeants doivent investir

Plus largement, il faut éviter les blessures de ces travailleurs de santé avec des composantes contendantes, réduire la pression sur eux, améliorer l’utilisation du matériel de protection individuelle ou encore rejeter toute tolérance à l’égard des violences. «Je soutiendrais entièrement» des peines plus lourdes pour ceux qui ciblent les travailleurs de santé, a dit Jeremy Hunt.

De son côté, l’OMS n’entre pas dans ces considérations légales mais cherche à anticiper pour éviter les violences. L’année dernière, plus de 1000 attaques contre des travailleurs de santé ont été observées. Guy Ryder a appelé les Etats à ratifier la Convention de l’OIT contre la violence et le harcèlement au travail, approuvée également l’année dernière, pour répondre à ce défi.

Les problèmes importants de sécurité devront aussi être analysés, selon l’OMS. D’ici un an, les dirigeants doivent avoir investi dans plusieurs dispositifs, a encore ajouté l’organisation.

(ats/nxp)

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