Forcené de Bienne en fuite: Une chasse à l'homme est lancée
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Forcené de Bienne en fuiteUne chasse à l'homme est lancée

La police a lancé jeudi une vaste chasse à l'homme pour capturer le forcené qui s'était retranché dans sa maison à Bienne (BE).

L'homme a pris la fuite malgré un imposant dispositif après avoir grièvement blessé un policier. Peter K.*, 67 ans, serait armé.

«Nous cherchons partout», a souligné François Gaudy, le chef de la police région Jura bernois-Seeland sans plus de détails. Plus d'une centaine d'agents sillonnent les rues de la ville de Bienne. Un avis de recherche national a été diffusé aux polices cantonales. «On doit craindre qu'il soit armé», a expliqué M. Gaudy.

Fugitif dangereux

Le fugitif a tiré plusieurs coups de feu sur les forces de l'ordre avec un fusil, mais la police cantonale bernoise n'a pas précisé s'il s'agissait d'une arme militaire. «La population ne doit pas être déstabilisée mais cela représente un danger», a souligné François Gaudy lors d'un point presse devant des dizaines de journalistes accourus de toute la Suisse.

«Ce n'est pas un échec pour la police mais nous regrettons ce qui s'est passé», a estimé François Gaudy. Malgré la présence d'unités d'élite des cantons de Berne, Zurich et Bâle-Campagne, le forcené a réussi à s'enfuir jeudi vers 01h00 après avoir tiré sur un policier, le blessant grièvement à la tête malgré son casque. Ce membre de l'unité d'élite bernoise Gentiane est cependant hors de danger.

Le forcené «a pu s'échapper grâce à la violence qu'il a utilisée», selon le responsable de la police qui n'a pas voulu dire si les forces de l'ordre ont riposté. Ce n'est toutefois que onze heures plus tard que les unités d'intervention ont définitivement constaté que l'homme n'était plus là. «La sécurité prime», selon M. Gaudy. La police compte sur la population pour lui fournir des indications sur le fuyard.

Homme reclus

Le profil du sexagénaire qui s'est barricadé mercredi vers 10h00 dans sa maison est difficile à cerner. La police décrit un homme qui vivait reclus. Elle ne précise pas s'il a déjà été condamné.

Le fuyard aurait dû comparaître devant un psychiatre pour une expertise. Avant même le drame, des mesures avaient été induites en vue d'une éventuelle privation de liberté à des fins d'assistance.

Plusieurs échanges de lettres ont laissé supposer un risque de menaces, a indiqué à l'ATS le préfet de Bienne Werner Könitzer. Par ses lettres, on pouvait conclure qu'il était en état de confusion psychique.

Le préfet aurait pu constituer une éventuelle cible de ces menaces. Pour cette raison, la préfecture sise à Nidau, près de Bienne, a été soumise à surveillance jeudi.

Son coup de folie avait été déclenché par l'annonce de la vente de sa maison. Le président de l'arrondissement judiciaire avait fait paraître une annonce de mise aux enchères publiques, avec une visite de la maison mercredi justement.

Les habitants du quartier des Tilleuls ne le connaissaient pas ou décrivent une personne introvertie. Toutes les tentatives de la police pour entrer en contact avec lui ont échoué.

Ecole évacuée

Ce fait divers a suscité une très vive émotion non seulement dans le quartier des Tilleuls mais également dans le reste de la ville. L'école des Tilleuls qui accueille 330 élèves a été fermée dès la matinée. Les écoliers ont été regroupés et les parents invités à venir chercher leur enfant. A 10h00, l'établissement était vide.

Toujours pour des raisons de sécurité, plusieurs maisons ont été évacuées. Au total près de 40 personnes ont provisoirement été placées dans un abri de la protection civile. En soirée, le dispositif dans le quartier a été fortement allégé, même si des policiers restaient sur place.

Les personnes évacuées ont pu rentrer chez elles jeudi soir, selon des informations recueillies par l'ATS en soirée. A priori, l'école devrait avoir lieu vendredi.

Rumeurs et communication

Durant la nuit de mercredi à jeudi et une partie de la journée de jeudi, les rumeurs se sont succédé, notamment sur l'éventuelle fuite de cet homme. Malgré l'insistance des journalistes, les porte-parole de la police n'ont pas voulu donner d'informations, se contentant de dire qu'une opération était en cours.

*Nom connu de la rédaction

La maison et la rue où le forcené tenait la police en haleine:

Agrandir le plan (ats)

Le fil des événements

Mercredi 10h: Une habitante du quartier des Tilleuls à Bienne entend des portes claquer devant chez elle. Elle apperçoit plusieurs policiers armés autour de la maison du forcené. Elle entend ensuite une vitre se briser ainsi qu'une déflagration qui aurait été provoquée par un fumigène. D'autres voisins font état d'un coup de feu.

Peu après, une partie du quartier est évacuée.

D'heure en heure, La présence policière se renforce. Pompiers, ambulances, protection civile sont sur place. Ils y passeront la nuit.

Durant la nuit: Le forcené sort de chez lui et tire plusieurs coups de feu.

Tôt jeudi matin: Des personnes contactent 20 minutes et évoquent la fuite du forcené. La police ne confirme pas mais étend son dispositif.

Jeudi 7h15: Un Super Puma qui survolait le quartier quitte les lieux

Jeudi vers 8h00: L'école du quartier est fermée. Des élèves sont cantonnés dans la salle de gym.

Jeudi 9h30: La police bernoise confirme qu'un policier a été grièvement blessé par balle durant la nuit. Il a été hospitalisé.

Jeudi 10h00: La mère d'un élève cantonné dans la salle de gym de l’école du quartier nous signale que les jeunes ont pu quitter les lieux.

Fin de matinée: Des lecteurs nous signalent une forte présence policière en de nombreux endroits de la ville, y compris hors du quartier concerné.

Mi-journée: Des policiers, accompagnés d'un chien, partent dans une forêt voisine.

14h30: La police confirme enfin que le forcené est en fuite, probablement armé.

(20 minutes online)

Blessé hors de danger

Le policier blessé à la tête par un tir du forcené a été opéré et sa vie est hors de danger. On ignore toutefois quel sera son avenir, a précisé le directeur de la police cantonale bernoise Hans-Jürg Käser devant la presse, visiblement ému.

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