Neuchâtel: Une chauve-souris enragée mord son bon samaritain
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NeuchâtelUne chauve-souris enragée mord son bon samaritain

Un animal infecté s'en est pris à l'homme venu l'aider. Des professionnels rappellent les règles.

par
Mirko Martino
L'animal qui a blessé un Neuchâtelois en juillet était une sérotine commune.

L'animal qui a blessé un Neuchâtelois en juillet était une sérotine commune.

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«On a une chance sur dix millions de se faire mordre par une chauve-souris enragée», disait Jean-Marie Bigard, dans un sketch hilarant écrit avec Pierre Palmade en 1990. C'est pourtant ce qui est arrivé à un Neuchâtelois, le 28 juillet dernier. L'homme en a recueillie une qui gisait sur un trottoir, faible et désorientée. A la tombée de la nuit, lorsqu'il a voulu la relâcher dans la nature, celle-ci n'a pas réussi à s'envoler, l'a mordu au doigt puis est morte peu après. Des analyses effectuées quelques jours plus tard ont révélé que l'animal était porteur de la rage.

«Il ne faut jamais toucher un animal sauvage qui présente un comportement anormal, qui semble malade ou blessé, rappelle Pierre-François Gobat, vétérinaire cantonal. La règle de base est d'appeler le garde-faune pour qu'il prenne en charge la situation.» Car même si la forme terrestre de la rage (renards, etc.) est officiellement éradiquée dans notre pays depuis 1998, elle peut encore être présente chez les chauves-souris.

«Hormis un chien importé illégalement du Maroc en 2003, le dernier animal infecté dans le pays remontait à 2002 et concernait déjà une chauve-souris», note Reto Zanoni, directeur du Centre suisse de la rage, à Berne. «On ne vaccine plus contre ce virus en Suisse, explique Claude-François Robert, médecin cantonal. Mais il reste mortel. En cas d'exposition, il faut vite aller chez le médecin.» Comme le bon samaritain neuchâtelois, qui a été immédiatement traité.

Ne pas confondre sérotine et pipistrelle

«La rage des chauve-souris ne se transmet pas aux autres animaux, seulement à l'homme, détaille Reto Zanoni. Ce sont les sérotines communes, comme celle de Neuchâtel, et que l'ont voit rarement dans des zones d'habitation, qui sont les plus concernées. Les pipistrelles communes, occasionnellement aperçues dans nos rues, ne sont en principe pas concernées. Mais si on se réveille avec une chauve-souris chez soi, il est indiqué de faire un vaccin.»

Le dernier décès, il y a quarante ans

Mis à part ceux qui voyagent pour une longue période dans une zone à risque, personne n'est vacciné de manière préventive contre la rage en Suisse. «Le dernier décès date de 1977, indique Claude-François Robert. C'est un virus mortel qui attaque le système nerveux et qui peut évoluer lentement, après plusieurs semaines. Lors d'un contact avec la rage, pas besoin d'appeler une ambulance, mais il faut consulter rapidement afin de bien nettoyer la plaie et recevoir le vaccin.»

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