Turquie : Une cinquantaine de généraux mis à la retraite
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Turquie Une cinquantaine de généraux mis à la retraite

Le Conseil supérieur de l'armée turque a ordonné samedi la mise à la retraite de 55 généraux et amiraux. La majorité d'entre eux sont actuellement détenus, accusés d'avoir comploté un coup d'Etat.

Parmi ces généraux et amiraux contraints à prendre leur retraite au 1er septembre, 40 ont été mis en détention après l'ouverture de plusieurs enquêtes sur des complots présumés visant à renverser le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, ont rapporté les médias locaux.

Ces décisions du Conseil militaire suprême (YAS), qui s'est réuni mercredi, ont été rendues publiques samedi après avoir été approuvé par le président turc.

L'année dernière, la réunion du YAS s'était achevée avec la démission groupée de hauts gradés pour protester contre la décision du gouvernement d'emprisonner des responsables soupçonnés de coup d'État.

Centaines de suspects jugés

Selon le journaliste turc Fikret Bila, la mise à la retraite forcée des généraux et amiraux arrêtés était une priorité du gouvernement. «Nous voyons la mise en exécution des priorités du gouvernement», a-t-il déclaré sur la télévision privée russe NTV.

«Certains des généraux arrêtés pourraient être relâchés pendant les procès en cours mais la décision de les mettre en retraite forcée montre que leur renvoi de l'armée a été décidé avant même les conclusions de l'enquête», ajoute-t-il.

Des centaines de suspects, dont plusieurs officiers supérieurs à la retraite et des officiers encore en exercice, ainsi que des journalistes, des avocats ou des hommes politiques, sont actuellement jugés dans des procès séparés pour leur rôle présumé dans des tentatives de renverser le gouvernement proche de la tendance islamiste.

Ces procès sont vus comme une tentative du parti au pouvoir, le Parti de la Justice et du Développement (AKP), de faire reculer l'influence de l'armée dans les affaires politiques.

Faire taire les opposants

Mais ses détracteurs accusent le gouvernement Erdogan d'utiliser ces enquêtes comme un moyen de faire taire ses opposants et d'imposer un système autoritaire, ce qu'il nie.

L'armée turque, qui se voit comme le garant des valeurs séculaires de la Turquie, a renversé trois gouvernements en 1960, 1971 et 1980. En 1997, elle avait fait pression sur un Premier ministre proche des islamistes, le poussant à la démission.

L'armée turque a récemment massé des chars, des armes et des batteries de missiles sol-air à la frontière avec la Syrie, renforçant son dispositif de défense après qu'un de ses avion de chasse a essuyé des tirs en juin et après avoir reçu des informations selon lesquelles certaines régions du nord de la Syrie sont tombées aux mains des rebelles kurdes.

Le Conseil militaire, qui se réunit deux fois par an, a également promu 19 généraux et amiraux, a déclaré l'armée sur son site internet. (ats)

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