Suisse: Une cinquantaine de parlementaires s’offrent l’apéro
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SuisseUne cinquantaine de parlementaires s’offrent l’apéro

Après trois jours de séance, certains élus ont décompressé dans un resto de Bernexpo ouvert pour la durée de la session. Polémique.

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les/rmf/gma
Les parlementaires ont siégé trois jours à Bernexpo pour adopter les mesures urgentes dans le cadre de la crise du coronavirus..

Les parlementaires ont siégé trois jours à Bernexpo pour adopter les mesures urgentes dans le cadre de la crise du coronavirus..

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En plénum, la session extraordinaire des Chambres consacrée au coronavirus qui s’est tenue à Bernexpo a été un modèle de distanciation sociale et de respect des règles sanitaires. Mais mercredi soir, vers 22 h 30, après 14 heures de travail lors du troisième et dernier jour de session, une cinquantaine de parlementaires se sont retrouvés au Henris, un établissement du complexe exceptionnellement ouvert pour la session, rapporte «Blick». La police est intervenue vers 23h30 et a expulsé les politiciens encore présents.

Une session symbolique?

La presse a été critique vis-à-vis des parlementaires, accusés de n'avoir fait en gros qu'entériner les décisions du Conseil fédéral. Sondés, plusieurs élus admettent que c'est en partie ce qui s'est passé, relevant tout de même l'aide aux crèches, au tourisme et aux médias, et ajoutant qu'entériner ces crédits était de toute façon nécessaire. Pour ces politiciens de tous bord, le débat de fond était utile et riche pour formaliser des décisions prises dans l'urgence par l'exécutif, et le bicaméralisme a bien fonctionné.

Le rôle du parlement a donc été symbolique, logistique, mais aussi réflexif et a offert de la profondeur et du détail au plan du Conseil fédéral, estiment-ils. Principal regret, tous fronts confondus, toutefois: la question des loyers commerciaux. Offrir un soutien aux entreprises locataires lésées n'a pour l'instant pas été possible faute d'accord sur les divergences techniques entre les deux chambres, alors que toutes deux étaient d'accord sur le fond. Un gâchis, selon plusieurs élus. L'aide aux compagnies aériennes reste également un sujet brûlant, d'aucuns estimant que le débat n'avait pas sa place à ce moment précis, d'autres que c'était justement le moment où jamais d'envoyer un message.

«C’était un peu comme dans un pub. J’ai préféré ne pas participer. Je trouve cela inadéquat et irréfléchi: comment demander à la population de respecter ces mesures si on ne le fait pas?», fustige un élu romand. «Vu les dépenses effectuées pour organiser cette session en respectant les mesures, je trouve ce comportement pas normal vis-à-vis des citoyens», abonde un autre. «On n’avait pas le double mètre avec nous, c’est possible qu’on ait été plus proches par moment, mais dans l’ensemble les mesures ont été bien respectées, nuance un participant. Il ne faut pas se leurrer, tout le monde vit comme ça depuis quelques semaines, et ceux qui disent l’inverse sont un peu hypocrites».

On a vraiment essayé de garder les deux mètres de distance

Un parlementaire romand

«Ça n'était clairement pas «une fête», même s'il y en a parfois au parlement, ce n'était pas ça. Il y avait du monde au bar oui, la journée de travail a fini à 22h30 et les gens sont allés boire un verre. On ne peut pas garantir qu'on avait toujours 2 mètres entre chacun, pendant la journée ou le soir, même si on a vraiment essayé de les maintenir, ajoute un collègue. Qui n'a pas pendant ce confinement une fois discuté avec quelqu'un d'un peu trop près sans faire exprès?»

Le conseiller national UDC zurichois Roger Köppel dit ne rien savoir de cette soirée mais il critique la politique de deux poids deux mesures: «Les gens sont soumis à des règles d'hygiène contraignantes, mais les politiciens qui les délivrent se sont exposés les uns les autres dans un espace très confiné. Ils ne prennent pas au sérieux la politique qu'ils prescrivent pour la Suisse».

A Bernexpo, durant les séances, les élus pouvaient largement laisser deux mètres entre eux.

A Bernexpo, durant les séances, les élus pouvaient largement laisser deux mètres entre eux.

KEYSTONE

«Le comportement des parlementaires en dehors de la salle du Conseil est de leur propre responsabilité», a déclaré à la présidente du Conseil national, la vaudois Isabelle Moret au quotidien alémanique. Quant à l’exploitant du restaurant, il n’a pas souhaité réagir.

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172 commentaires
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Je dis ça .... je dis rien

09.05.2020, 08:04

Et là nos conseillers aux salaires bien plus élevés que des jeunes qui jouent à 6 dans une cours d’école !! Ils aussi j’espère prendre une sanction et une amende !!! Faites ce que je dis pas ce que je fais ..... incompréhensible !!!

Jo Pho To

09.05.2020, 00:18

Fait ce que je dis pas ce que je fais😡 C'est vraiment du gros n'importe quoi. Nous on doit tout respecter mais ces politiciens qui devraient être les premiers à montrer l'exemple s'en foutent. On se fou vraiment de notre gueule. Et moi que pour bien respecter les consignes, j'ai fêté aujourd'hui l'anniversaire de mes deux enfants sans ces copains et copines ni même les grands-parents.

Antonio

08.05.2020, 13:07

Pouvez-vous svp nous soumettre la liste de ces parlementaires indélicats?