Tornos - Moutier: Une cinquantaine de postes sauvés chez Tornos
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Tornos - MoutierUne cinquantaine de postes sauvés chez Tornos

Tornos licenciera 131 employés sur son site de Moutier (BE) et 16 autres sur celui de La Chaux-de-Fonds, a-t-il annoncé. Après négociations avec les représentants du personnel, 50 postes ont pu être sauvés.

Après une série de mauvais résultats, Tornos avait annoncé début septembre la suppression à court terme de 225 emplois, soit près d'un tiers de ses effectifs. Le groupe avait notamment invoqué un net recul des commandes, mettant sa survie en danger.

Surprenante de part son ampleur, cette décision avait provoqué une véritable onde de choc dans l'Arc jurassien et des consultations entre les représentants du personnel et la direction s'étaient immédiatement mises en place. Ces pourparlers ont désormais pris fin et «des solutions ont pu être trouvées pour 27 postes» menacés, a fait savoir Tornos dans un communiqué.

En prenant en compte 51 départs naturels, à la retraite ou en préretraite, l'entreprise procédera au final à 147 licenciements, soit 131 sur le site de Moutier et 16 sur celui de La Chaux-de- Fonds, a précisé le fabricant de machines-outils. Des mesures d'accompagnement débuteront en outre «dans les jours qui viennent», a-t-il encore fait savoir.

La direction de Tornos a expliqué s'être approchée d'entreprises de la région afin de trouver des postes à repourvoir correspondant aux qualifications de ses employés. Une bourse d'emplois a de plus été instaurée pour permettre aux entreprises d'annoncer leurs postes vacants.

«Un savoir-faire bradé»

Dressant le bilan des négociations, le syndicat Unia note pour sa part que les discussions avec Tornos ont «porté leurs fruits»: Une cinquantaine de postes de travail - solutions de placement et départs naturels - «ont pu être sauvés et des mesures sociales pour une trentaine de personnes proches de la retraite seront mises en place».

«Mais, au final, le bilan est mitigé», a relevé le syndicat dans un communiqué, fustigeant «des erreurs de stratégie du management», qui ont conduit à «cette nième restructuration».

Le syndicat exige désormais «des garanties pour le maintien du site de Moutier et des postes de travail restant». Aux yeux de Unia, les entreprises ne doivent en effet «plus faire porter les risques entrepreneuriaux aux seuls employés et le savoir-faire des ouvriers de la région ne doit pas être bradé pour satisfaire l'actionnariat.»

Franc fort en cause

A la mi-août, Tornos avait indiqué devoir économiser entre 30 et 35 millions de francs par an en raison d'un mauvais premier semestre, bouclé avec une perte nette de 3,37 millions et des entrées de commandes en recul de 34,2%.

Comme d'autres entreprises exportatrices, Tornos doit composer avec le franc fort. Le groupe doit aussi faire face au déplacement des marchés vers l'Europe de l'Est et l'Asie qui a suivi la crise économique de 2009-2010, ainsi qu'à des cycles conjoncturels de plus grande amplitude et plus courts.

L'entreprise a déjà connu par le passé des licenciements collectifs. En 2001, elle avait licencié 200 personnes. Et l'année suivante, ce sont 310 emplois qui passaient à la trappe.

Cette restructuration, qui intervient après celle de Greatbatch où 180 emplois ont été supprimés dans le Jura bernois, frappera de nombreux sous-traitants de l'Arc jurassien.

Schneider-Ammann critiqué

Face à une situation jugée grave, plus de 500 personnes ont manifesté à Moutier (BE) à la mi-septembre pour exprimer leur solidarité envers les employés de Tornos. Ils ont alors vivement critiqué l'attitude du conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, l'accusant de passivité.

Quelques jours plus tard, quelque 5000 travailleurs ont afflué dans la capitale fédérale pour défendre la place industrielle suisse, témoignant également de leur soutien aux ouvriers de Tornos. Parallèlement à cette manifestation, Unia Transjurane a lancé une pétition de solidarité.

(ats)

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