Conseil des États: Une commission dit oui au droit de vote dès 16 ans
Publié

Conseil des ÉtatsUne commission dit oui au droit de vote dès 16 ans

Très divisée, la commission des institutions politique s’est finalement prononcée en faveur d’un changement de constitution pour mieux impliquer les jeunes dans la démocratie.

par
Yannick Weber
Bundeshaus, Bern, Politik, Bundesplatz

Bundeshaus, Bern, Politik, Bundesplatz

Bettina Zanni

Les jeunes seront ceux qui subiront les effets des décisions d’aujourd’hui et il est normal qu’ils puissent participer à les prendre: c’est un des arguments qui a poussé une très courte majorité (7 contre 6) de la commission des institutions politiques du Conseil des États à se dire favorable à l’ouverture du droit de vote dès 16 ans au plan fédéral. «Les jeunes seront concernés directement et durablement par les effets de la loi sur le CO2 ou par la réforme de la prévoyance vieillesse, par exemple», dit la commission.

«L’âge médian des votants est aujourd’hui de 57 ans, ce qui est préoccupant»

Commission des institutions politiques

Le peuple tranchera

C’est Sibel Arslan (Verts/Bâle-Ville) qui en avait fait la proposition au Conseil national. Celle-ci avait été acceptée par la chambre basse en automne dernier. La décision du jour de la commission de la chambre haute permettra de commencer à élaborer un changement constitutionnel, ce qui implique que, en dernier lieu, ce sera au peuple de se prononcer.

Une partie de la commission, plus conservatrice, s’y est opposée. Pour ces élus là, la mesure créerait un décalage entre les droits, dont le vote fait partie, et les obligations qui nous incombent dès 18 ans. Idem avec l’éligibilité: pouvoir voter mais ne pas pouvoir être élu leur semble incohérent. Ils mettent enfin en avant la supposée «complexité» des objets soumis au vote et voudraient que cette solution soit d’abord testée dans les cantons ou les communes avant d’arriver au niveau fédéral.

Pas toujours un combat ville-campagne

Reste à savoir si la population, vieillissante, acceptera de donner la possibilité aux jeunes qui le souhaitent de s’impliquer plus. Berne et Bâle ont déjà par le passé refusé une telle proposition. À Neuchâtel, en février dernier, 40% de la population avait accepté. Les électeurs de la ville de Neuchâtel avaient même dit oui du bout des lèvres.

Mais on ne peut imaginer qu’on retrouvera forcément un éternel clivage entre les villes et les campagnes. En 2007, les électeurs du canton de Glaris avaient, en Landsgemeinde, accepté de permettre aux jeunes de 16 et 17 ans de voter, sur inscription préalable aux autorités.

Ton opinion

433 commentaires