Actualisé 28.06.2020 à 21:59

Municipales en France

Les grandes villes passent au vert

Les Français se sont rendus ,peu nombreux aux urnes, pour ce second tour des élections municipales, organisé trois mois après le premier en raison de la crise du coronavirus.

Les élections municipales en France ont été marquées dimanche par une forte poussée des écologistes, en tête à Lyon, Marseille ou à Bordeaux, et un revers général pour le parti présidentiel, battu dans la plupart des principales villes du pays. On retiendra aussi une abstention record, la victoire d'Edouard Philippe au Havre, Martine Aubry qui conserve Lille sur le fil et la prise de Perpignan par le Rassemblement national.

Les villes stables

A Paris, la socialiste Anne Hidalgo a été réélue et devance ainsi Rachida Dati (LR) et la candidate du parti présidentiel et ancienne ministre de la santé Agnès Buzyn, qui avait remplacé au pied levé Benjamin Griveaux après l’affaire de la sextape.

Le Premier ministre Edouard Philippe a remporté dimanche les élections municipales au Havre avec 58% des voix. Il a salué dans la foulée des «résultats nets» et un «acte de confiance»

keystone-sda.ch

Son éphémère ministre de la Justice François Bayrou (MoDem) a lui été reconduit à Pau.

Maire de Lille depuis 19 ans, la socialiste Martine Aubry a failli perdre «sa» ville. Elle a finalement devancé 'environ 200 voix l’écologiste Stéphane Baly. Le suspense a duré une bonne partie du début de la soirée, les sondages donnant les deux candidats au coude à coude.

AFP

Le maire sortant de Nice Christian Estrosi (Les Républicains) a revendiqué dimanche soir la victoire dans sa ville, où il assure avoir «largement» devancé la liste Nice écologique et le Rassemblement national. A Toulouse, le maire LR sortant, Jean-Luc Moudenc, a annoncé avoir été réélu.

Les villes qui basculent

L'écologiste Michèle Rubirola fait basculer Marseille à gauche. La cité phocéenne était dirigée depuis 1995 par la droite avec Jean-Claude Gaudin.

Plusieurs autres grandes villes virent au vert. L'écologiste Grégory Doucet, tête de liste d'une coalition réunissant EELV et les partis de gauche, a revendiqué une victoire «historique» à la mairie de Lyon dimanche soir à l'issue du second tour des municipales. «Lyon est au rendez-vous; nous sommes au rendez-vous. Lyon a choisi l'écologie», s'est-il réjoui devant la presse à l'issue d'un scrutin où il est arrivé largement en tête face au poulain de Gérard Collomb, l’ancien maire depuis 2001.

L'écologiste Pierre Hurmic devance d'une courte tête le maire sortant LR Nicolas Florian, soutenu par LREM, lors des municipales dimanche à Bordeaux, selon deux estimations.
Après 73 ans d'élections de maires de droite dès le premier tour, l'écologiste, soutenu notamment par le PS et le PCF, s'impose.

L'écologiste Jeanne Barseghian s'est dite dimanche «fière» de sa victoire à Strasbourg, au soir du second tour des municipales, se disant «consciente du travail» qui l'attendait «au service des Strasbourgeois», devant la presse.

Le candidat du Rassemblement national Louis Aliot a gagné à Perpignan face au maire sortant. «C'est un système qui s'écroule. Nous avons eu à Perpignan le même personnel politique aux manettes depuis 1959», a déclaré à l'AFP le candidat d'extrême droite.

AFP

Dirigée par le centre-droit depuis 1954, la ville d'Annecy (Haute-Savoie) bascule à gauche. Le maire sortant Jean-Luc Rigaut a reconnu sa défaite face à une coalition menée François Astorg.

L'écologiste Anne Vignot a remporté d'une courte tête la mairie de Besançon avec 43,83% des suffrages, dimanche, devant le candidat LR Ludovic Fagaut (41,61%) et le marcheur Eric Alauzet (14,55%).«Je s uis la première maire femme, écologiste, de Besançon et j'en suis extrêmement fière», a déclaré Anne Vignot sur France 3 Franche-Comté en apprenant sa victoire.
«C'est le signal d'une politique qui se fera autrement à Besançon», a-t-elle ajouté sur France 2.

Une abstention record

Dans ce second tour organisé trois mois après le premier en raison de la crise du coronavirus, le taux de participation à la fermeture des bureaux de vote, à 20h00, devrait s'inscrire entre 40% et 41%, indiquent les estimations, contre 62,1% en 2014.
AU premier tour, le 15 mars déjà, moins d'un électeur sur deux - 44,3%, contre 63,5% en 2014 - s'était déplacé pour voter au 1er tour.
Dimanche, le net reflux de la crise sanitaire n'a pas poussé vers les isoloirs les 16,5 millions d'électeurs appelés à voter. Pourtant, des précautions sanitaires exceptionnelles avaient été prises: port du masque obligatoire dans les bureaux de vote, gel hydroalcoolique et priorité aux personnes vulnérables pour voter.

Les réactions

L'eurodéputé EELV Yannick Jadot a salué dimanche soir la victoire d'une «espérance autour d'un beau projet» écologiste. «Ce qui a gagné ce soir, me semble-t-il, c'est la volonté d'une écologie concrète, d'une écologie en action», s'est-il félicité sur TF1 au soir du second tour.

Le président du parti Les Républicains Christian Jacob s'est réjoui que son parti ait «renoué avec la victoire» à l'issue du second tour des élections municipales, dimanche soir.Il a revendiqué la victoire de son parti dans plus de la moitié des villes de plus de 9000 habitants.

La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a fait part dimanche soir sur France 2 de la «déception» de la majorité, qui a enregistré des scores parfois «extrêmement décevants» en raison de ses «divisions» lors de ces municipales.«Ce soir nous éprouvons une déception, parce qu'il y a des endroits, vous avez cité Lyon à l'instant, où notre propre division interne nous a conduits à des scores extrêmement décevants», a-t-elle affirmé en estimant que «dans les mois à venir», la République en marche ne pourrait «(se) permettre ce genre de divisions».

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen s'est félicitée dimanche soir d'une «vraie grande victoire» de son parti aux municipales, y voyant un «vrai déclic». «Ce n'est pas seulement d'ailleurs une victoire symbolique, c'est un vrai déclic, parce que nous allons aussi pouvoir démontrer que nous sommes capables de gérer de grandes collectivités, ce qui évidemment aura son importance compte tenu des échéances départementales et régionales», a déclaré Mme Le Pen après la victoire de Louis Aliot à Perpignan.
«C'est aussi la fin du front anti-républicain en réalité, c'est-à-dire celui qui consistait à faire battre le Rassemblement national uniquement parce que c'est le Rassemblement national», a-t-elle poursuivi sur TF1.

Et maintenant?

Malgré un enjeu local, ces élections qui se sont tenues sur un laps de temps particulièrement long, coronavirus oblige, auront une répercussion nationale avec du changement attendu au gouvernement. Emmanuel Macron, qui consulte à tout va mais ne laisse rien filtrer de ses intentions, détient seul les clés d'un éventuel remaniement.Reste maintenant à savoir quel sera l'impact de ce scrutin sur l'orientation des deux dernières années du quinquennat d'Emmanuel Macron. Devra t-il donner des gages aux écologistes? Maintiendra t-il à son poste son Premier ministre sorti renforcé de sa victoire au Havre?

Le président français devra trouver un délicat équilibre entre la volonté de l'aile gauche de son parti d'introduire une inflexion écologique sans pour autant abandonner les choix libéraux des débuts. Emmanuel Macron a d'ores et déjà prévu de s'exprimer le 29 juin.

(cga/ats)

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38 commentaires
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Ivan

29.06.2020 à 15:57

Mais ils se foutent de voter, pour la très grande majorité c'est #aux autres de payer ou ce sera le bloquage de la rue.

Stan

29.06.2020 à 12:35

Bientot les centres villes des grandes cités françaises vont ressembler à Portmeyrion, version patrick mc Goohan.... bonjour chez vous, les frouzes....

Baloo Laloo

29.06.2020 à 10:46

Les verts vous emmerdes simplement par ce que vous devez enfin réfléchir à vos actions et votre impact sur notre terre. Facile de dire moi je... moi je... mais de ne jamais devoir faire face à vos débordement... vive l'écologie