Viande de cheval: Une «conspiration criminelle» étendue
Actualisé

Viande de chevalUne «conspiration criminelle» étendue

Le ministre britannique de l'Environnement, Owen Paterson, a déclaré lundi que le scandale de la viande de cheval semblait relever d'une «conspiration criminelle» étendue mais qu'aucun danger pour le consommateur n'avait été mis en évidence.

La Grande-Bretagne est secouée par un scandale où des lasagnes aux boeuf contenaient en réalité de la viande de cheval.

La Grande-Bretagne est secouée par un scandale où des lasagnes aux boeuf contenaient en réalité de la viande de cheval.

«Il semble que cette conspiration criminelle (...) soit étendue. D'après ce que je comprends, l'usine au Luxembourg a dû émettre des avertissements à l'égard des consommateurs de 16 pays différents», a déclaré le ministre à la télévision BBC News, en référence à l'usine de la filiale de l'entreprise française Comigel, dont les produits sont distribués dans 16 pays d'Europe.

Mais il a ajouté qu'il ne connaissait pas avec précision l'ampleur du scandale. «Honnêtement, je ne sais pas. Les informations que nous avons depuis la France semblent indiquer que cela remonte à deux abattoirs en Roumanie mais je vais parler aux autorités dans la journée pour vérifier cela», a-t-il dit.

«C'est clairement une affaire de fraude et je pense que vous allez voir des actions en justice commencer dans certains pays d'Europe continentale aujourd'hui», a ajouté le ministre, qui doit s'exprimer dans la journée devant les députés britanniques sur cette affaire.

Owen Paterson a répété qu'il fallait «se préparer à davantage de mauvaises nouvelles» dans cette affaire mais que les tests n'avaient pour l'instant mis en évidence aucun danger pour la santé du consommateur.

«Rien dans les résultats que nous avons jusqu'ici ne représente une menace pour la santé mais des tests rigoureux seront menés toute la semaine. C'est en dernier ressort aux distributeurs de convaincre leurs clients de la validité et de la qualité de leurs produits», a-t-il ajouté.

Il a qualifié l'affaire d'«inacceptable» et souligné qu'elle relevait dans «l'ensemble d'une compétence de la commission européenne».

Hollande demande des sanctions

Le président français François Hollande estime que «des sanctions devront être prononcées.»

«Il y a eu des manquements, visiblement, des profits, des comportements inadmissibles, des sanctions devront être prononcées, administratives et pénales si le dossier le justifie», a déclaré lundi le chef de l'Etat en marge d'un déplacement en banlieue parisienne.

«L'Etat a un double devoir de transparence et de responsabilité», a souligné le président, ajoutant que «des enquêtes vont être diligentées dans un délai très court» ce qui permettra d'en savoir «encore davantage» mercredi.

M. Hollande a estimé que la traçabilité, une «exigence des consommateurs», était «également un devoir pour l'Europe et pour la France», conseillant d'acheter des produits labellisés «viande bovine d'origine française». «Là, vous êtes sûr de ne pas vous tromper», a-t-il déclaré à l'adresse des consommateurs.

Le président a cependant appelé à faire «attention»: ce «n'est pas parce qu'il y a des comportements qui ne sont pas acceptables, tolérables, et qui traduisent des recherches de profit dans la chaîne alimentaire que nous devons jeter le discrédit sur une industrie agroalimentaire française qui est de grande qualité et encore moins sur les éleveurs».

«Mon souci est de donner aux consommateurs toutes les informations, aux Français, toute la transparence nécessaire, aux comportements délictueux, toutes les munitions indispensables, mais c'est aussi de faire que nous puissions continuer à consommer et à faire vivre nos éleveurs en France qui ne sont pour rien dans ces manipulations», a-t-il résumé.

Pas d'irrégularité depuis la Roumanie

Le Premier ministre roumain Victor Ponta a déclaré lundi qu'«aucune irrégularité n'avait été commise par une société roumaine ou sur le territoire roumain».

«Nous avons fait des vérifications (...) il n'existe aucune violation des règles et des standards européens», de la part de deux abattoirs roumains soupçonnés dans cette affaire, a déclaré M. Ponta lors d'une conférence de presse

Traçabilité satisfaisante en Europe

La crise des plats surgelés à la viande de cheval ne constitue pas une crise sanitaire, a assuré lundi un porte-parole de la Commission européenne, qui s'est félicité du fonctionnement du système de traçabilité de la viande en Europe.

«Nous ne sommes pas face à une situation de danger sanitaire», a déclaré Frédéric Vincent, porte-parole du commissaire à la Santé et à la Politique des consommateurs Tonio Borg.

«Ici, on est face à une question d'étiquetage. La viande n'a pas été étiquetée de manière correcte», a-t-il ajouté lors d'un point de presse.

Il a rappelé que l'Union européenne n'intervenait qu'en cas de danger sanitaire, pour interdire la commercialisation d'un produit.

Dans les autres cas, le contrôle des produits relève de la compétence des Etats membres, a-t-il ajouté, soulignant que «toute nourriture dans l'UE est traçable». «Cela peut prendre quelques jours, quelques heures» mais «on peut remonter à la source du problème». (afp)

Inspections en France chez Comigel et Spanghero

Des agents de l'agence française antifraude inspectaient lundi plusieurs entreprises dans le cadre de l'affaire de la viande de cheval, dont le siège de Comigel à Metz (est de la France) et celui de Spanghero (sud-ouest), selon un responsable du service des enquêtes joint par l'AFP.

«Les équipes sont sur le terrain dans les entreprises qui nécessitent des contrôles à la suite du déclenchement de l'affaire de la viande de cheval. Ils sont dans plusieurs endroits en ce moment, dont Metz et Spanghero depuis ce matin», a indiqué ce responsable.

Ton opinion