Lausanne (VD): Une cuite à 50 francs pour dissuader les plus jeunes
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Lausanne (VD)Une cuite à 50 francs pour dissuader les plus jeunes

Les personnes alcoolisées qui passeront par le centre de dégrisement du CHUV participeront aux frais.

par
Karin Jorio
Une jeune femme de 20 ans arrive aux urgences après une soirée très arrosée en boîte de nuit. Agressive, elle gifle l'infirmière qui l'accompagne aux toilettes, nécessitant l'intervention des agents de sécurité.

Une jeune femme de 20 ans arrive aux urgences après une soirée très arrosée en boîte de nuit. Agressive, elle gifle l'infirmière qui l'accompagne aux toilettes, nécessitant l'intervention des agents de sécurité.

Des jeunes qui font la fête, Lausanne en accueille tous les week-ends. Les urgences du CHUV aussi. Et souvent en coma éthylique. Pour faire face à ce phénomène et désengorger le service d'urgences de l'hôpital vaudois, un nouveau centre de dégrisement verra le jour en mars 2015. Un projet pilote de six mois qui prendra en charge les personnes très alcoolisées. Mais outre une gueule de bois, les patients devront en plus mettre la main au porte-monnaie.

«Les personnes admises au centre de dégrisement du CHUV paieront un montant symbolique de 50 fr.», a lancé le professeur Jean-Bernard Daeppen du service d'alcoologie du CHUV, lundi lors de la présentation des nouvelles mesures prises pour pacifier les nuits lausannoises (lire ci-contre). «Pour l'heure, aucune décision n'a été prise, bien que la question d'une participation du patient soit en discussion», tempère de son côté Darcy Christen, porte-parole du CHUV.

«Difficile à dire si ce montant aura un impact en termes de prévention. C'est la prise en charge qui a de l'importance. Une nuit en cellule de dégrisement, ça marque les esprits», selon Corinne Kibora d'Addiction Suisse. Le médecin et député Vert'libéral Jacques-André Haury se montre catégorique: «La gauche veut toujours que ce soit les autres qui paient. Les frais pour une nuit en centre de dégrisement ne sont pas pris en charge par la LAMal, il ne s'agit pas d'un traitement médical.»

Les soins médicaux à la charge du patient alcoolisé en question

Payer les soins liés à sa gueule de bois? Le débat a été lancé au National en 2010. L'UDC zurichois Toni Bortoluzzi veut que les soins médicaux liés à une biture soient entièrement à la charge des patients. Les milieux de la prévention, eux, craignent que les coûts dissuadent les jeunes de se rendre à l'hôpital. Pour d'autres, la source du problème se situe ailleurs. «C'est en amont qu'il faut agir, sur le prix de l'alcool, beaucoup trop accessible aux jeunes», estime Catherine Roulet, députée verte vaudoise et présidente de la Commission de la santé publique.

Place à la prévention

La Municipalité de Lausanne a présenté lundi un nouveau train de mesures pour pacifier ses nuits. Elle mise désormais sur la prévention, avec la création d'une unité «SIP», pour «sécurité, intervention, prévention». Deux à trois équipes de deux personnes sillonneront les rues de la capitale vaudoise pour désamorcer les conflits, diminuer les nuisances sonores et responsabiliser les usagers de l'espace public en soirée sur le respect des règles en vigueur.

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