Jura : Une décoiffante affaire de viol à l'hôpital de Delémont
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Jura Une décoiffante affaire de viol à l'hôpital de Delémont

Une patiente accuse un infirmier de l'avoir violée dans les WC des urgences. Acquitté en première instance, le prévenu a été condamné par la Cour pénale mercredi.

par
apn
Dès le dépôt de plainte de la patiente, l'hôpital du Jura a viré l'infirmier. Sur la plan civil, une procédure est en cours pour licenciement abusif.

Dès le dépôt de plainte de la patiente, l'hôpital du Jura a viré l'infirmier. Sur la plan civil, une procédure est en cours pour licenciement abusif.

L'affaire ne manque pas de rebondissements ni de zones d'ombre. Une patiente admise aux urgences de Delémont pour une crise d'asthme en février 2017 accuse un infirmier de l'avoir violée dans les WC de l'hôpital. En première instance, raconte «Le Quotidien Jurassien», le prévenu a été acquitté et a reçu une indemnité de 40'000 fr de dédommagement pour notamment les 138 jours de détention avant jugement. Mais considérant qu'un tel verdict constitue «un laisser-passer pour violeur», la procureure jurassienne Laurie Roth et la plaignante ont fait appel. La deuxième manche de l'affaire a eu pour cadre la Cour cantonale.

L'accusation soutient que le soir des faits, l'infirmier l'a suivie dans les WC de l'hôpital, l'a coincée et l'a violée. L'accusé a renversé les rôles: à l'en croire, c'est la patiente qui a commencé des actes à connotation sexuelle avant d'être repoussée par lui. Il ne se serait donc rien passé entre eux. Pourtant, peu après les faits, la femme a alerté l'hôpital. Le sperme de l'accusé a été retrouvé dans le vagin de la plaignante. Mais pour la défense représentée par Me Mathias Eusebio, il ne faut pas aller trop vite en besogne: «Mon client soutient que la plaignante lui a touché la verge avec la main mais nie catégoriquement tout rapport sexuel.»

Dans une autre affaire, l'accusé a déjà été reconnu coupable de contrainte sexuelle par le Tribunal fédéral. La défense affirme que la jeune femme est psychologiquement fragile et que, depuis les faits, elle a lancé deux procédures contre deux autres hommes pour des affaires à connotation sexuelle.

Six mois de prison et dix avec sursis

La Cour pénale a admis l'appel de la procureure et de la partie plaignante. Mercredi, le prévenu a été déclaré coupable de viol et a été condamné à une peine privative de liberté de 16 mois, dont 6 ferme et le reste (soit 10 mois) avec sursis. La procureure avait requis une peine de 4 ans ferme. Les prétentions civiles de la plaignante ont été rejetées. Les frais judiciaires ont été mis à la charge du prévenu. Celui-ci et son avocat n'avaient pas encore pris de décision mercredi par rapport à un éventuel recours au Tribunal fédéral.

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