Barrage M21: Une défaite difficile à digérer pour les Rougets
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Barrage M21Une défaite difficile à digérer pour les Rougets

La Suisse M21 est sortie de la course à l'Euro 2009, cruellement mais logiquement battue 3-1 en prolongations par l'Espagne, alors qu'elle n'était qu'à 132 secondes du bonheur et que Gashi avait ouvert le score.

132 secondes, soit le temps qu'il restait à disputer dans les arrêts de jeu, soit le temps qui séparait les Rougets d'une glorieuse escapade suédoise en juin prochain. Et puis il y eut une frappe de Sisi, à cette douloureuse 93e minute, tandis que Pierre-André Schürmann s'égosillait à demander, en vain, un changement. Et ce flottement, dans les prolongations, qui permit à Raul Garcia d'envoyer les siens au firmament et les Suisses dans l'abysse.

«C'est du vol!, hurle Schürmann, avant de se reprendre et de juguler en lui sa fureur. Le quatrième arbitre nous a manqué de respect en ne nous laissant pas faire le changement juste avant le but. Il n'a pas été correct envers mes joueurs, envers le travail effectué ni envers la Suisse.» Le Valaisan ne tient plus en place, allant comme un fauve en cage d'un mur à l'autre de l'étroit couloir blanc du stade Artes Carrasco de Lorca.

Certainement qu'il se remémore les soucis de sa formation sur balles arrêtées, comme à Aarau samedi dernier. Réminiscence aussi des occasions manquées, comme celle de Vonlanthen, repris de justesse par Azpilicueta alors qu'il partait affronter seul le portier Asenjo pour une balle de 0-2. Ou encore celle du même Vonlanthen qui, à la 118e, bottait un coup franc qui obligea le gardien ibère à un bel arrêt pour éviter de prendre le fameux but de trop à domicile.

«Il faut être fier de cette équipe, poursuit Schürmann. Nous n'avons jamais renoncé à notre jeu et, après avoir sorti la Norvège et les Pays-Bas, nous avons dérangé l'Espagne jusqu'au bout. Je l'ai là pour mes joueurs, termine-t-il d'un geste de la main vers la gorge.» La voix se coupe. Profonde respiration. Les yeux rougis regardent le plafond comme pour y trouver la force de ne pas craquer.

On pourra toujours discuter du manque d'impact physique de la Suisse et si, en ce sens, l'entrée d'Ural plus tôt devant n'aurait pas fait du bien aux Helvètes. «Mais nous n'avions de toutes façons pas les moyens de les attendre derrière, rétorque Schürmann. C'est par le jeu que nous sommes arrivés jusque-là.» Rien ne saurait au demeurant masquer la vérité crue: l'Espagne était supérieure.

«Ils étaient plus forts», concède Didier Crettenand, regrettant simplement que «la grosse performance défensive» suisse n'ait finalement pas suffi. Une prestation solidaire et courageuse d'autant que l'adversaire avait redoublé d'efforts pour forcer le destin. «Nous y étions préparés», conclut le demi du FC Sion.

Et tous de se tourner vers l'avenir. Pour Fabrizio Zambrella, dont il s'agissait de la dernière campagne chez les espoirs, «cette leçon doit nous servir pour le futur». Et le Genevois de continuer: «En football, il n'y a pas le temps de trop ruminer. Samedi, je joue avec Brescia, et je serai prêt !»

(ats)

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