Actualisé 04.03.2020 à 16:20

Affaire Lauber

«Une démission serait la meilleure solution»

Confortés dans leur position par les révélations de mercredi, les parlementaires qui s'étaient opposés à la réélection du procureur Michael Lauber donnent de la voix.

La confirmation des accusations à l'encontre de Michael Lauber provoque des remous à Berne.

La confirmation des accusations à l'encontre de Michael Lauber provoque des remous à Berne.

Keystone

La réélection du procureur général de la Confédération Michael Lauber avait divisé le Parlement. La confirmation des accusations portées contre lui conforte ses critiques. Pour le conseiller national Jean-Paul Gschwind (PDC/JU), «une démission serait la meilleure solution».

«Déjà connues à l'époque»

Jean-Paul Gschwind présidait la commission judiciaire du Parlement l'an dernier lorsque la question de la réélection du controversé procureur s'est posée. La commission s'était prononcée contre cette réélection, mais le Parlement en avait décidé autrement. Beaucoup avaient alors argumenté qu'une non-réélection équivaudrait à une condamnation prématurée.

Maintenant que les accusations à l'égard de Michael Lauber se sont confirmées, ce dernier devrait être assez intelligent pour en tirer les conséquences, a estimé mercredi le conseiller national jurassien, interrogé par l'agence Keystone-ATS. «Un procureur qui ne dit pas la vérité, c'est grave», a-t-il relevé.

Matthias Aebischer (PS/BE), qui dirigeait alors la sous-commission du Conseil national, n'est lui pas surpris. Les accusations étaient déjà connues à l'époque, a-t-il relevé. «Elles figurent désormais noir sur blanc». Une démission ou une révocation par le Parlement serait cependant pour le socialiste une mauvaise solution. «Ce ne serait pas démocratique», pense-t-il.

Selon lui, il s'agit maintenant d'attaquer le problème à la racine. Michael Lauber a menti et entravé une enquête. «S'il peut malgré tout rester en poste et percevoir le salaire d'un procureur général, nous avons un problème de système», a estimé Matthias Aebischer. Cette question est actuellement examinée par la commission de gestion, qui fera des recommandations à la commission judiciaire.

Les bourgeois font profil bas

Les partis bourgeois, qui avaient soutenu la réélection du procureur controversé à l'automne dernier, font eux profil bas. La décision de l'autorité de surveillance du Ministère public de la Confédération (AS-MPC) n'est pas encore définitive, a ainsi déclaré Hans-Ueli Vogt (UDC/ZH).

Selon lui, il y avait en outre eu dès le début une campagne contre Michael Lauber. Les accusations sont certes graves, reconnaît-il, mais il est trop tôt pour un jugement définitif.

Christian Lüscher (PLR/GE), qui siégeait également dans la commission judiciaire et avait à l'époque déclaré que «si faute il y avait, elle était particulièrement vénielle», n'a pas non plus voulu s'engager mercredi.

«Michael Lauber a été entendu et réélu par le Parlement», a-t-il rappelé. On a alors eu l'impression que les accusations portées contre lui n'étaient pas graves, a-t-il ajouté. L'autorité de surveillance est parvenue à une autre conclusion, il est toutefois trop tôt pour un jugement définitif, a-t-il aussi soutenu.

Quant à Lorenz Hess (BDP/BE), autre membre de la commission judiciaire de l'époque, il se borne à espérer que le calme revienne bientôt. Les accusations contre Michael Lauber étaient déjà sur la table à l'époque, et l'intéressé a admis des fautes, dit-il. Si rien de plus grave ne peut lui être imputé, on ne peut selon Lorenz Hess pas exiger du procureur qu'il démissionne. «L'élection a déjà eu lieu», a-t-il conclu. (nxp/ats)

(NewsXpress)
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