Actualisé 21.09.2017 à 16:44

TessinUne députée sur le banc des accusés

Lisa Bosia, parlementaire socialiste tessinoise, est accusée d'avoir fait entrer illégalement des clandestins sur le territoire.

Lisa Bosia Mirra avec son avocat à sa sortie du tribunal de police de Bellinzone.

Lisa Bosia Mirra avec son avocat à sa sortie du tribunal de police de Bellinzone.

Keystone

La députée socialiste au Grand Conseil tessinois Lisa Bosia Mirra comparaît depuis jeudi devant le tribunal de police de Bellinzone. Elle doit répondre d'incitation répétée à l'entrée illégale pour avoir aidé 24 clandestins à entrer en Suisse depuis Côme (I) durant la crise des migrants de l'été 2016

Le procès se tient car Lisa Bosia Mirra, 45 ans, éducatrice sociale connue pour son aide aux réfugiés, s'est opposée au mandat de répression. Celui-ci la condamnait à une peine pécuniaire de 80 jours-amende à 110 francs, pour un total de 8800 francs, et au paiement d'une amende de 1000 francs avec sursis pendant deux ans.

Vu l'affluence du public et de la presse, le procès a eu lieu au siège du Tribunal pénal fédéral. Au terme d'un long interrogatoire durant lequel Lisa Bosia Mirra a parcouru toutes les étapes de son engagement humanitaire et social envers les réfugiés et requérants, aussi bien en Suisse et en Italie que dans les camps de Grèce ou de Serbie, la procureure Margherita Lanzillo a requis la confirmation de son acte d'accusation.

Elle a souligné que le procès contre Lisa Bosia Mirra n'est pas «politique ni éthique ou moral mais pénal: la prévenue savait qu'elle agissait illégalement et qu'elle violait la loi en aidant des clandestins à entrer et séjourner illégalement en Suisse. Elle ne leur a en fin de compte pas rendu service en les laissant à leur sort après les avoir fait passer la frontière.»

Indulgence du tribunal

La procureure a toutefois admis que «les motifs humanitaires invoqués par l'inculpée» ont suscité l'indulgence du tribunal.

La députée socialiste a entièrement admis le contexte des faits qui lui sont reprochés. Elle avait été appréhendée le 1er septembre 2016 près de San Pietro di Stabio (au sud du Tessin), peu après son entrée sur territoire suisse alors qu'elle ouvrait la route à une voiture transportant quatre jeunes requérants érythréens.

Lisa Bosia Mirra s'est en revanche opposée au mandat de répression. Elle entend faire connaître l'aspect humanitaire de son comportement face aux situations tragiques vécues par de nombreux migrants. Notamment celle des mineurs non accompagnés et qui désiraient rejoindre leurs familles en Suisse et en Allemagne mais systématiquement refoulés vers l'Italie par les garde-frontière suisses.

La parole a été donnée à la défense. Le verdict sera prononcé ultérieurement. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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