Coronavirus: Une dette qui durera quinze ans
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CoronavirusUne dette qui durera quinze ans

La problématique autour de la réduction de la dette du Covid-19 n’est pas encore résolue. Le Conseil fédéral se questionne.

«La BNS n’a pas à payer les dettes de l’Etat." souligne le ministre des finances.

«La BNS n’a pas à payer les dettes de l’Etat." souligne le ministre des finances.

Keystone

Le Conseil fédéral n’a pas encore décidé comment il veut réduire la dette liée à la crise du coronavirus. Le ministre des finances, Ueli Maurer, estime qu’il faudra une quinzaine d’années mais qu’il n’y a aucune raison de céder à la panique.

Maurer: «L’économie a besoin d’air»

La législature actuelle ne devrait pas permettre d’agir à large échelle car la dette devrait encore augmenter au cours des deux à trois prochaines années, indique-t-il dans une interview donnée mardi au magazine Finanz und Wirtschaft. «L’économie a besoin d’un peu d’air».

De plus, il y a actuellement encore trop d’incertitudes. Si les Suisses ne devraient pas voir leurs impôts augmenter, des mesures d’économie pourraient être définies.

Le ministre a récemment laissé entendre que la Confédération pourrait affecter sa part des bénéfices de la Banque nationale suisse (BNS) à la réduction de la dette. Cette solution ne pourrait être que temporaire, précise Ueli Maurer. Ces moyens ne pourraient plus être calculés dans le budget ordinaire de la Confédération.

Résister aux pressions

Le grand argentier refuse toutefois de demander plus de moyens à la BNS. «Ce n’est pas son rôle. Elle n’a pas à payer les dettes de l’Etat." Mais la dette doit être remboursée. La Suisse a pu réagir de manière rapide parce que ses finances sont solides.

Le Conseil fédéral ne veut pas non plus assouplir le frein à l’endettement. Cette porte ne doit être ouverte sous aucun prétexte, malgré les pressions du Parlement. La Suisse doit pouvoir corriger une situation extraordinaire avec des moyens ordinaires, estime le ministre des finances. De grandes dépenses nous attendent, notamment dans les assurances sociales, rappelle-t-il.

Peu de fraudes

Les cas de demandes de crédit frauduleuses sont peu nombreux, se réjouit le grand argentier. Sur 130’000 demandes de crédit Covid-19, les autorités ont identifié 800 cas suspects, dont seuls 200 se sont confirmés.

Actuellement, les entreprises ont déposé des demandes de crédit pour un total de 15,8 milliards. Le Parlement a libéré une enveloppe totale de 40 milliards. «Les coûts ont été surestimés." Mais la Confédération n’a pas surréagi. Au contraire, elle devait agir rapidement.

Les finances fédérales devraient afficher un déficit de 1 milliard de francs en 2021, avait annoncé fin juin le Conseil fédéral. Pour 2020, le déficit devrait se chiffrer à 5 milliards. Et de nouvelles dépenses pourraient s’ajouter.

(ATS/NXP)

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